Spider-Man revient sur grand écran dans Spider-Man : New Generation, un film d’animation développé par Sony. Le jeune Miles Morales va se découvrir des super-pouvoirs d’araignées et comprendre que la légende de Spider-Man traverse les dimensions. Humour, action et une animation de folie, pour un spectacle pour petits et grands. Le meilleur film de Spider-Man ?

ULTIMATE HÉROS

Une version « live » de Peter Parker, incarnée par Tom Holland, existant déjà dans l’univers cinématique de Marvel, Sony a choisi d’exploiter une version alternative du héros : Miles Morales. Apparu en 2011, le jeune homme évolue au départ dans l’univers « Ultimate Marvel », un monde contemporain qui a vu les plus grands héros remis au goût du jour. Par le plus grand hasard, Miles se fait mordre par une araignée génétiquement modifiée, tout comme l’avait été Peter Parker quelques années plus tôt. Assistant à la mort de Peter, Miles décide de suivre ses traces et de devenir Spider-Man. Dans ce long métrage, les choses se déroulent à peu près comme dans le comic book. Miles (Shameik Moore) intégre une école privée mais ne sent pas à l’aise. Il préfère passer du temps avec son oncle Aaron (Mahershala Ali). Mordu par une étrange araignée, Miles développe des pouvoirs. Il va croiser la route de Spider-Man/Peter Parker, un héros aimé par certains, et craint par d’autres. Pour honorer une promesse, Miles va devoir apprendre à maîtriser ses nouveaux dons pour arrêter le Caïd et ses sbires. Heureusement, il va pouvoir compter sur l’aide de plusieurs « Spider-Men » venus de dimensions alternatives.

PLUS ON EST DE FOUS…

Ce film mélange deux grandes sagas de Spider-Man : la création de Miles dans Ultimate Spider-Man et le crossover Spider-Verse. Dans ce dernier, plusieurs versions de « Spidey » s’alliaient pour vaincre les Inheritors, une famille de vampires puisant leur force dans les créatures aux pouvoirs d’araignée. Ici, ce n’est pas aussi compliqué. On a un vilain qui joue avec les dimensions et qui se retrouve dépassé. Plusieurs héros sont transportés dans la dimension de Miles. On croise ainsi : Spider-Woman (également appelée Spider-Gwen), Spider-Ham, Peni Parker et son robot, Spider-Man Noir et une version désabusée de Peter Parker « classique ». Toutes ces personnalités s’accordent à merveilles. Leurs origines sont rapidement évoquées pour ne pas surcharger le spectateurs. Mais c’est bien Miles Morales qui est la vedette. Malgré l’arrivée de ces cinq versions, le jeune homme reste au centre de l’intrigue. Et c’est tant mieux car on s’attache vite à lui. On est embarqué avec lui dans cette aventure et on espère qu’il réussisse à sauver le monde.

PLEIN LES YEUX

Sony s’est donc tourné vers l’animation pour utiliser la franchise Spider-Man. Bien leur en a pris car les réalisateurs ont donné libre court à leur imagination. C’est d’ailleurs l’un des gros avantages de ce support. Si les effets spéciaux ont fait des progrès considérables depuis le premier Spider-Man de Sam Raimi en 2002, l’animation permet de créer des scènes dignes des plus grands comics de Spider-Man. Le découpage joue avec les codes de la BD : cases pour les voix-off, pixellisation de l’image, onomatopées… Tout y est pour rendre l’expérience encore plus immersive. Sony n’a pas cherché à copier leurs rivaux de chez Disney/Pixar. Ils ont créé un style unique à New Generation. Nous avons vu une version à 90% finie (avec quelques scènes storyboardées) et même ainsi, on a été ébahis.

MULTIGÉNÉRATIONNEL

Si Venom a été un succès au box-office et boudé par les critiques (à juste raisons), Spider-Man : New Generation devrait connaître à la fois un succès en salles et auprès du public et des professionnels. Spider-Man : Homecoming avait eu le lourd fardeau de relancer la franchise Spider-Man après la saga « Amazing ». New Generation s’adresse à tout le monde, même si les enfants apprécieront davantage une version animée que « live » du héros. Sony ne renie pas les précédents films et rend hommage à travers divers clins d’oeil à toute la saga de l’Homme-Araignée (notamment l’indispensable cameo du regretté Stan Lee). Les fans « purs et durs » de Spidey s’amuseront à trouver les petits détails cachés en arrière-plan ou la signification de la couleur de cheveux du Peter Parker du monde de Miles. La durée de 110 minutes en font un film relativement court qui permettra aux enfants de ne pas s’ennuyer… et on ne s’ennuie pas une seconde tant les séquences d’action et de dialogues s’enchaînent à un rythme effréné.

Avant même la sortie, Sony vient d’annoncer une suite et des spin-offs (notamment sur une équipe de Spider-Woman) et on hâte de découvrir tout ça. Le meilleur « Spider-Man » ? En tout cas, différent et proche de l’esprit de la bande-dessinée. De quoi satisfaire tout le monde !

[Pierre Bisson]