Oldies But Goodies: Captain America Comics #36 (Mars 1944)

2 juillet 2011 Non Par Comic Box

[FRENCH] En 1944, Captain America et Bucky sont confronts une espionne nazie puissante et charismatique : Leopard Woman ! Cette femme panthre, adepte du fouet et vtue d’une tenue en cuir dchire, vhicule un parfum de violence et de sadisme sexuel. C’est aussi une adversaire marquante, plus « solide » que la plupart des ennemis de Captain America l’poque…

Dans les annes quarante, le cheptel des adversaires marquants de Captain America n’tait pas trs tendu. Il faut dire aussi que le mcanisme des histoires faisait que, souvent, les odieux saboteurs nazis mourraient la fin de l’histoire, comme pour payer leurs crimes. Et tout le monde n’avait pas le chic du Red Skull pour revenir un pisode plus tard expliquer pourquoi et comment il avait chapp une mort certaine. Ce qui limitait les chances des adversaires de Captain America (mais aussi des autres super-hros de Timely/Marvel) de s’installer sur la dure.

Non pas que cela aurait t souhaitable : La plupart des malfaiteurs dans ces histoires n’taient que des gangsters « gnriques » ou des espions sans envergure. Ils n’avaient rien qui les rendent vraiment mmorable. Sur toutes les aventures de Captain America pendant les annes quarante on doit peiner trouver cinq ou six criminels qui auraient mrit qu’on les perptue (comme le White Vampire, une ennemi d’Human Torch dj mentionne dans cette rubrique). Mais quand c’est le cas, par contre, on tombe sur de vritables petites gemmes, des menaces masques qui auraient bien mrit une carrire plus consquente. Vous l’aurez compris, c’est bien cette dernire catgorie qu’appartient Leopard Woman, personnage auquel nous allons nous intresser cette fois-ci…

Le lecteur a un aperu de Leopard Woman ds la page d’introduction : Une femme masque et vtue d’un bikini noir (dont le bas semble dchir) tient en laisse un flin sur le point de mordre la gorge du jeune Bucky. Dans une autre main, elle lve un fouet, prte frapper. Derrire elle, Captain America fait irruption dans la pice mais semble incapable d’empcher le carnage. Le narrateur nous la prsente en ces termes : « Leopard Woman ! trangement belle… Comme un chat sauvage femelle… Une crature mystrieuse incroyablement froce, qui se cache dans un manoir solitaire ! Mais il y a des nuits de pleine lune o elle erre, chassant sa proie. Puis avec des griffes qui s’entrechoquent elle avance pour le coup fatal ! Un antagoniste macabre pour Captain America et Bucky, alors qu’ils utilisent leur esprit et leur courage pour essayer de rsoudre… l’trange mystre de Leopard Woman !« .

Il est bien vident, ds cette page d’ouverture, que la Leopard Woman en question appartient la mme caste de femmes flins comme l’hrone Miss Fury ou la Cat’s Paw rencontre par Angel. Elle aussi anticipe certains lments que la Catwoman de DC n’utilisera qu’ partir de la fin des annes 40. Encore que l, si la ressemblance entre Leopard Woman et les autres exemples est certaines, on notera que le costume n’est pas une combinaison noire qui couvre la femme de la tte aux pieds. Bien au contraire, c’est un costume beaucoup plus rvlateur que le tout venant des criminels du Golden Age.

Leopard Woman semble chappe d’une sance SM ou d’une « partie fine ». Ce n’est pas, loin s’en faut, la premire femme base sur une imagerie ftichiste mais la plupart du temps les dessinateurs s’arrangeait pour que la chose soit plus induite que montre. On cadrait certaines choses hors champs ou on jouait sur les ombres. L, dans l’tat, Leopard Woman occupe au contraire l’essentiel de cette premire page. Elle est en sous-vtements, autant dire moiti nue… Au point qu’on pourrait presque se demander si l’expression d’tonnement affiche par Captain America est bien dicte par le souci qu’il se fait pour Bucky… Ou si la tenue trs rvlatrice de Leopard Woman qui attire son regard…

Tout commence l’appartement de William Sands, un gestionnaire des eaux de la ville de New York, qui se prpare, avec sa femme pour une rception donne en l’honneur d’un diplomate polonais. Sans que le couple en ait conscience, ils sont surveills depuis l’extrieur par deux hommes patibulaires. Ils souhaitent visiblement se dbarrasser de Sands. Un des deux malfaiteurs murmure : « Nous l’aurons la rception !« . Et son complice abonde : « La mort-lopard s’abattra sur lui !« . Quelques instants plus tard, les Sands arrivent la soire o le soldat Steve Rogers et son acolyte Bucky ont t charg de veiller sur les diplomates. Situation qui ne cessera jamais de m’tonner : les ordres initiaux de Steve Rogers taient de s’installer au Camp Lehigh et, pour viter les soupons sur sa double identit de Captain America, de passer pour un troufion normal ou mme en dessous de la normale. L’essentiel de sa vie quotidienne la caserne consiste se faire prendre pour un imbcile par son suprieur, le Sergent Duffy. Mais, trs rgulirement, pour justifier que les hros se trouvent sur les lieux d’un crime, les scnaristes expliquent qu’on a charg Rogers et le jeune Bucky de veiller sur tel officiel ou projet secret. On peut comprendre qu’en haut de la hirarchie quelqu’un au courant de l’identit de Captain America tire les ficelles pour qu’il puisse surveiller un vnement stratgique. Mais vu du Camp Lehigh, cela revient quand mme confier un nombre impressionnant de surveillance un grand dadais peine capable d’plucher des patates et la jeune mascotte du rgiment. Soit un soldat et demi… A force, cela devrait quand mme veiller quelques soupons…

Mais ni Steve Rogers ni Bucky sont prts ce qui va suivre. Dans les branches d’un arbre proche se tient une femme, Leopard Woman, tapie dans l’obscurit au ct de deux grosses panthres. Visiblement c’est une excellente athlte (le dessinateur a le souci de reprsenter les muscles de ses jambes quand elle saute) qui, d’un seul bond, surgit dans la rception et lche ses deux fauves sur le public. C’est immdiatement la panique. Les gens s’parpillent en criant l’aide tandis que Leopard Woman peut ainsi assommer William Sands et s’en emparer sans tre drange. Bientt, elle se retire en emportant sa victime (le dessin n’est pas trs net sur sa mthode. On ne voit pas trs bien si ce sont les fauves qui trane l’homme o si c’est Leopard Woman elle-mme qui le porte, ce qui donnerait une ide de sa force). Bien sr, Steve Rogers et Bucky s’lancent sa poursuite. Mais alors qu’ils traversent des buissons ils sont reprs par deux hommes (sans doute les deux complices de Leopard Woman qui surveillaient la demeure de Sands un peu plus tt). S’il tait besoin de nous prciser l’idologie du gang, la narration ne laisse pas de place au doute : « Deux nazis surgissent des buissons !« . Nous voici donc renseigns. Le gang de Leopard Woman est bien une organisation nazie (par opposition l’hypothse de simples demandeurs de ranons). Mais bien sr les deux nazis pensent juste tre confront un soldat et un enfant. Ils n’ont aucune ide d’affronter Captain America et Bucky. Moralit, les deux espions sont vite battus et tombent au sol, inconscients. Pour enfoncer le clou, Bucky s’exclame : « Ils ont l’air d’tre nazis !« . Il faut croire qu’il peut les reconnatre l’oeil…

La distraction a cependant t suffisante pour que les hros perdent la trace de la femme panthre. En fouillant les deux hommes inconscients, Steve dcouvre une carte reprsentant le secteur du rservoir d’eau d’Ashaka, avec d’nigmatiques cercles tracs sur certains terrains. Tandis que les deux hros enfilent leur tenue de super-hros, Captain America rflchit : « Hmm… je pense qu’on devrait retrouver des traces de lopard dans ce secteur, Bucky !« . Le jeune garon, qui ne semble pas capable de lier les faits, s’crie « Des lopards ? Oh, je les avais presque oublis, Cap ! Tu crois que Leopard Woman et ses gros chats sont derrire tout a ?« . Enfin, voyons, Bucky…

Tu crois vraiment que les deux nazis t’ont attaqu par pur hasard ? Bientt les deux patriotes masqus inspectent tous les terrains marqus sur le plan. Mais ils ne trouvent rien de particulier et, finalement, il ne leur reste plus qu’un endroit vrifier : le manoir de la comtesse Kyra. C’est leur dernire chance de trouver le moindre indice. En approchant de ce manoir, ils ne peuvent s’empcher de remarquer l’allure lugubre des lieux.

Puis ils frappent la porte et une domestique, Elsa, leur ouvre et les laisse entrer. Du haut d’un grand escalier, la matresse des lieux demande qui vient lui rendre visite. Et mesure que la comtesse Kyra descend l’escalier, Captain America remarque « elle bouge comme un chat !« . Ce qui, quand on cherche un femme lopard, a quand mme valeur d’indice, vous en conviendrez… Dans une grande robe noire, la sduisante Kyra accueille cependant les deux visiteurs et leur demande ce qu’elle peut faire pour eux. Quand ils lui disent tre la poursuite de lopards, Kyra leur dit que non seulement elle n’en a pas vu dans le voisinage mais qu’en plus elle a une aversion pour toute forme de chat. La discussion est cependant arrte net quand les hros entendent des coups de feu l’extrieur. Captain America et Bucky sortent en trombe de la maison, tout en assurant la belle comtesse Kyra qu’ils seront rapidement de retour. Intrieurement, la femme fatale ricane « C’est ce que tu penses, Captain America !« .

Dehors, Cap et Bucky sont attaqus par deux panthres. Dans un premier temps Captain America peut utiliser son bouclier pour se protger. Un des flins se jette dessus mais ses griffes ne risquent pas de faire du mal au hros. Bucky n’a pas de bouclier et l’autre lopard noir le plaque par terre. Ce qui interroge sur l’ide que se fait le dessinateur de la frocit de ces animaux. Car il est certain qu’un seul coup de patte de ces panthres suffirait blesser gravement le jeune garon. Or, il faut attendre que Captain America arrive repousser une des btes coups de bouclier avant qu’il puisse se prcipiter l’aide de son assistant. Au bas mot, Bucky est rest quelques dizaines de secondes au sol, attaqu par la panthre. Mme en admettant que par chance il ait vit d’tre mordu, il aurait du tre svrement griff. L, pour le coup, quand il se relve, son uniforme est pourtant intact. Et les deux hros se retrouvent seuls : les lopards noirs s’enfuient… alors que Cap et Bucky entendent le bruit d’un sifflet qui provient du manoir. C’est ce qu’attendait Captain America : « Allez viens Bucky, c’est l’indice qu’il nous fallait !« .

Cette fois, pas de formule de politesse. Les deux hros entrent pas une fentre situe l’arrire de la demeure. Mais il fait noir dans cette partie du manoir. Et ils entendent la voix de Kyra qui les appelle : « Je suis ici, Captain America !« . Ils pntrent donc dans une pice d’o la voix semblait provenir mais… la porte se referme derrire eux. Ils sont donc prisonniers… Et quand les lumires s’allument, ils se rendent compte qu’ils sont l o Kyra cache ses panthres. La femme qui les a appel est en fait l’abri et les regarde du haut d’un balcon plac trop haut pour tre atteint : « Vous tes tombs droit dans mon pige ! Ha ha !« . S’il tait besoin d’une confirmation « officielle », Kyra s’crie : « Je suis Leopard Woman ! Vous pensiez que je vous laisserais vous en sortir si facilement ? Je vais lcher sur vous deux de mes btes tandis que je vais m’occuper de Monsieur Sands ! Vous ne pouvez vous chapper ! La porte est bloque !« . Et effectivement la cage qui contenait deux panthres s’ouvre. Captain America et Bucky sont donc enferms dans une pice avec deux fauves…

Pendant ce temps, Kyra se change de manire assez « sensuelle » pour l’poque, ouvrant sa robe de soire pour rvler la tenue minimaliste de Leopard Woman. On notera d’ailleurs une bizarrerie graphique : la comtesse Kyra a les cheveux courts mais Leopard Woman les porte longs au point qu’ils lui tombent sur les paules (il faut sans doute en dduire qu’elle porte une perruque pour donner le change). En mme temps, elle donne ses ordres deux domestiques : « Vite, la tour, il est l’heure du signal ! Captain America ne doit pas nous arrter maintenant ! Leopard Woman va rendre visite Sands !« .Les deux domestiques s’installent dans la tour du manoir et attendent. Ils expliquent ainsi que lorsqu’ils recevront le signal, cela voudra dire que l’eau du rservoir est empoisonne. Leur ide est de contaminer l’eau potable de New York, desservie par ce rservoir, et de tuer « des millions de personnes« . On imagine quelle quantit de poison il faudrait pour que l’eau soit de nature tuer des « millions de personne » mais enfin…

La seule chose, c’est que les stations d’puration bloqueraient le poison et l’ide est de neutraliser les filtres temps pour que la chose puisse se faire. Bientt, une fuse lumineuse s’lve. C’est le signal. Le poison a t dpos dans le rservoir… Les domestiques redescendent informer leur matresse que l’opration est lance. Elle est en train de menacer Sands. Son importance dans le plan devient manifeste. Comme il est charg des eaux de la ville, Leopard Woman et sa bande comptent bien le forcer couper le systme d’puration, de manire ce que le poison passe dans les canalisations de la ville. Mais Sands, conscient des nombreuses morts que cela causerait, refuse…

Pendant ce temps, Captain America et Bucky en sont encore en dcoudre avec les panthres. Une nouvelle fois Cap se sert de son bouclier pour se dfendre contre les attaques. Mais le hros a une ide. Il lance son bouclier qui tranche la corde qui servait soulever la cage des lopards noirs. Du coup, la cage retombe dans un grand fracas, ce qui effraie les btes. Mais surtout les deux hros peuvent se servir du bout de corde qui pend pour se hisser jusqu’au balcon. Ils sortent de ce pige temps pour voir de loin la bande s’loigner en bateau. Ils sautent dans une autre embarcation et s’lancent leur poursuite. Captain America remarque tout de suite que les comploteurs ont pris la direction du rservoir d’eau. Quand Cap et Bucky arrivent sur la rive, ils dcouvrent le cadavre d’un des gardes du rservoir, couvert de coups de griffes. Dduisant que tous les vrais gardes ont sans doute t supprims, Captain America comprend que toutes les personnes prsentes dans les installations du rservoir sont forcment des nazis. Bientt, effectivement, une horde de brutes se rue sur les deux hros. Mais une nouvelle fois Captain America et Bucky peuvent montrer qu’ils sont les meilleurs, Cap arrivant rosser trois hommes d’un seul coup de poing.

Mais, immanquablement, une fois dbarrass des hommes de main, Cap et Bucky tombent sur les panthres de Leopard Woman, lches pour monter la garde. Heureusement pour les hros, la confrontation se droule dans une partie des installations o il y a plusieurs plaques d’gout. Tandis que Captain America commence frapper un des fauves avec son bouclier, il ordonne Bucky de retirer une des plaques. L’ide est de repousser les btes vers le trou et de refermer la plaque. Bien sr, le stratagme fonctionne et les deux hros s’en tirent une nouvelle fois sans trop de mal (encore qu’une case montre que Cap a t griff sur le ct et au bras… sans doute que la cotte de mailles de son costume l’aura protg). L’enjeu reste cependant d’empcher Leopard Woman et ses hommes de bloquer la valve centrale. Heureusement, ils n’ont pas encore eu l’occasion de passer l’action. Captain America et son auxiliaire surgissent dans la pice avant qu’il soit trop tard. Ils empchent un des nazis de toucher la valve. Il ne reste donc plus gure qu’ s’occuper de Leopard Woman en personne. Et l, c’est cependant une autre paire de manches car c’est vritablement une vraie femme fatale, une furie arme d’un fouet.

Nanmoins Kyra bat en retraite et monte sur le toit. Ce qui ne semble pas la meilleure manire de s’enfuir. Effectivement Cap a tt fait de rattraper la femme panthre sur le toit, o elle n’a plus d’issue. Captain America se moque d’elle : « Tu ne pourras pas saboter derrire des barreaux, comtesse ! Et c’est l que tu vas tre pour longtemps !« . Mais Leopard Woman ne s’avoue pas vaincue pour autant : « Approchez encore et je saute ! Ma mission a chou mais je reviendrais !« .

Bien sur, ce n’est pas maintenant que Cap va reculer mais quand il tente un pas, Leopard Woman le griffe avec violence… avant de sauter du toit, en promettant qu’ils se retrouveront. Elle chute alors dans l’obscurit, vers ce qui semble tre une mort certaine. Mais Cap est perplexe : « coutez ces grognements de chats ! Personne ne pourrait survivre un tel saut… Et pourtant… Je me demande…« . Puis Captain America redescend s’assurer que Sands va bien. Il retrouve Bucky qui lui demande o est passe la comtesse. Et l’adulte fait une nouvelle fois part de ses doutes : « Elle a saut, Bucky, mais je sens que nous la rencontrerons nouveau !« .

En fait, Captain America et Bucky ne se retrouvrent jamais en face de Leopard Woman, mme si le scnario semblait pourtant la positionner comme un personnage pouvant tre rcurrent. A l’poque, il ne semble pas c’est la ressemblance avec Catwoman qui pouvait poser problme. Elle ne ressemblait pas encore a. A la rigueur, on peut imaginer une problmatique interne Marvel/Timely qui publiait, encore l’poque, des rimpressions de Miss Fury. Et mme si le costume de Leopard Woman ressemble une version « dchire » de celui de Miss Fury, on peut facilement imaginer que la ressemblance pourrait avoir provoqu l’agacement de Tarpe Mills et, par consquent, des pressions auprs de l’diteur. C’est une possibilit mais pas la seule. Leopard Woman fait tche un autre niveau. Bien sur, d’une certaine manire, la tenue de la Comtesse Kyra n’est pas plus dvtue que celle de diffrentes hrones de la jungle, comme Sheena. Dans un contexte urbain, avec le sadisme ajout du fouet et la cagoule un tantinet SM, avec en plus l’emphase mise par le dessinateur qui ne cherche pas cacher le corps de Kyra et la montre au contraire assez bien dans certaines pages, Leopard Woman est « sexue » bien au del des habitudes des rcits de super-hros de l’poque. En un sens, elle anticipe mme sur certaines femmes fatales notables apparues plutt vers la fin des annes 40 et le dbut de la dcennie suivante (nous avons par ailleurs trait dans cette rubrique du cas du Sphinx, adversaire de Blue Beetle), qui s’attireront les foudres des associations familiales et du fameux docteur Fredric Wertham. Il est trs possible que ds la publication de Captain America Comics #36 l’diteur aura reu quelques lettres de parents. Ou tout simplement, peut-tre que le personnage ne paraissait pas valoir plus de chose que a en 1944…

Il est noter, aussi, que tout n’a sans doute pas t dit au sujet de Leopard Woman. Bien sur on ne connat pas son origine ni la raison de ce penchant pour les panthres. Mais de toute manire il faut bien dire que l’essentiel des super-villains du Golden Age n’expliquaient jamais d’o leur venait leur penchant pour tel gadget ou tel animal. A dfaut, on pourra toujours tenter de faire jouer la continuit et imaginer que Leopard Woman est issue du mme projet nazi qui employait dj Cat’s Paw en 1941, ce qui expliquerait leur proximit en termes de dguisement. Non, la vraie question laisse en suspens est pose ds la page d’introduction, quand il est dit que Leopard Woman ne « chasse » que pendant les nuits de pleine lune. Cette prcision (jamais dveloppe l’intrieur du rcit), ajoute au fait que Leopard Woman semble extraordinairement agile et forte, laisse penser qu’il y a quelque chose l’oeuvre similaire de la lycanthropie (ou, pour faire plus « panthre », au film « Cat People ») ou encore aux variations de pouvoirs connues par des hros comme Moon Knight ou Nighthawk selon les phases de la Lune. Ce qui expliquerait ce bond surhumain vers la fin de l’histoire…

Par la suite, c’est sans doute bien la ressemblance avec Catwoman qui, cette fois-ci, fera qu’on en ressortira pas Leopard Woman dans une des aventures rtroactives de Captain America ou des Invaders de Roy Thomas. Mais aussi, sans doute, le ct dnud/sadique du personnage qui posera problme. Avec le Comics Code en action dans les annes 70, quand bien mme moins prsent que vingt ans plus tt, l’utilisation d’une femme en bikini noir sans doute un peu trop « bad girl » aurait t un souci pour Marvel. De nos jours, de telles rserves ne jouent plus et Leopard Woman fait partie de ces ennemis « rtro » qui seraient utilisables loccasion. Un jour, peut-tre ?

[Xavier Fournier]

PS: Les images d’illustrations sont cette fois tires des microfiches produites dans les annes 90 (seule source moderne, ma connaissance, pour obtenir des images de ce comic-book qui n’a jamais t rimprim), d’o un certain flou…