[FRENCH] Le Scarlet Spider nouveau est arrivé. Voici donc l’univers Marvel doté de trois Spider-Men (en comptant Peter Parker et Venom), donnant d’emblée à cette série le défi de s’installer tout en devant impérativement établir sa propre personnalité. Mais, de manière surprenant, la chose passe bien. Mieux qu’on pouvait s’y attendre…

Scarlet Spider #1 [Marvel Comics] Scénario de Christopher Yost
Dessin de Ryan Stegman
Sortie aux USA le mercredi 11 janvier 2012

C’est le revival des années 90 en ce moment et, de manière presque logique, Marvel en vient donc à publier un Scarlet Spider. Mais pas le Scarlet Spider d’il y a une quinzaine d’années. Plutôt que de nous ressortir le défunt Ben Reilly, ce qui aurait pourtant été logique (et ca n’aurait pas été la première ou la dernière fois qu’une mort était « déconstruite »), l’éditeur trouve plus fameux de transférer l’identité à un autre clone de Spider-Man. D’où un grand doute quand même quand on prend en main ce premier numéro car à l’heure où tout le monde ne jure que pas les redémarrages « reader friendly », avoir un personnage dont on ne peut aborder l’origine sans expliquer qu’il y a eu un autre clone avant semble diablement se compliquer la vie pour un lancement. Qui plus est Kaine est passé, pratiquement d’un coup de baguette magique, du stade de tueur en série à celui de personnage cherchant sa rédemption. C’est donc avec un gros doute qu’on se lance dans la lecture. Et au final c’est cependant une bonne surprise. D’abord le plus visible : aux dessins Ryan Stegman donne d’abord une ambiance très raccord, très compatible avec ce que les lecteurs ont pu lire lors de Spider-Island (la série Amazing Spider-Man ayant servi de tremplin à ce nouveau Scarlet Spider).

Scénaristiquement, Chris Yost décrit un personnage qui ne veut plus être un criminel (on comprendra par ellipse que sa maladie, un peu comme certaines tumeurs, influait sur son comportement) mais qui ne veut pas pour autant faire le saut vers l’héroïsme. Ce sont les situations qui s’imposent à lui. Et encore quand il y est forcé ses réflexes ne sont pas les mêmes que ceux d’un Peter Parker. Kaine est comme un Spider-Man qui n’aurait pas reçu l’éducation de Tante May et qui ne sait pas naturellement faire le bien, qui est obligé de se concentrer sur ses actions sous peine de vite perdre la maîtrise des choses (le sauvetage de la petite vieille est à ce niveau assez parlant). Yost installe bien une situation où le personnage n’est pas « automatiquement » un type qui passe du stade de tueur à celui de gentil. Il y a des moments où Kaine ne sait tout simplement pas quoi faire et le résultat est de nous donner un protagoniste qui lui même ne sait pas ce que va être sa réaction sur la page suivante. Ca ne justifie pas tout et Yost aura encore du pain sur la planche dans les épisodes ultérieurs pour solder le casier chargé de Kaine (et si, au passage, quelqu’un pouvait se souvenir qu’il y a un autre Scarlet Spider parmi les New Warriors). Mais en tout cas ces débuts sont plus « neufs » qu’on pourrait le croire. Au final tout n’est pas parfait mais ca reste plutôt une bonne surprise.

[Xavier Fournier]