Avant-Première VO: Review Superman #14

Et tout à coup, le Superman classique rencontre… Le Superman de Red Son ! Et pas seulement lui ! Rebondissant sur les évènements de Multiversity, Peter Tomasi, Patrick Gleason et Ivan Reis démarrent une nouvelle saga très reader-friendly. Si vous n’avez pas lu Superman ces derniers mois, voici un point d’entrée idéal

Superman #14 [DC Comics]

Scénario de Peter Tomasi et Patrick Gleason

Dessins d’Ivan Reis

Parution aux USA le mercredi 4 janvier 2017

Superman est, depuis le début de Rebirth, sans doute le pôle le plus instable et complexe à lire, alors qu’on suit les aventures d’un ancien Superman, que le Superman récent est mort et qu’il y a en plus dans les parages un autre Clark Kent et d’autres Supermen (Lex Luthor, ou le nouveau surhomme asiatique). Il ne s’agit pas de dire, par là, que tout est mauvais. En particulier dans la série Superman, Peter Tomasi et Patrick Gleason ont dégagé des idées fortes telles que les relations avec le jeune Jon Kent ou encore récemment la confrontation avec le Monstre de Frankenstein. Mais le nombre de vrais/faux Supermen dans les parages a quand même déséquilibré la chose, faisant que la qualité est inégale d’un épisode à l’autre. Et pourtant ce quatorzième numéro est un excellent point d’entrée, en rajoutant encore plus de Supermen. Si si… Et donc là vous direz qu’il y a contradiction apparente. Et c’est vrai. Mais les auteurs utilisent ici les fondamentaux. C’est à dire que bien sûr, si vous avez lu Superman: Red Son et/ou Multiversity, vous en ressortirez un certain nombre de nuances en plus, c’est certain, mais qui ne sont pas nécessaires à la compréhension de l’épisode. On est un peu dans le même registre que l’écriture de Kurt Busiek dans Astro City, qui fait que même si vous ne connaissez pas un personnage, les fondamentaux sont assez explicites. Tout ce que vous avez besoin de savoir, c’est qu’il a désormais un Superman qui n’est pas à sa place dans l’univers DC et qu’il est soudainement confronté par un Superman communiste venu d’ailleurs, pourchassé par ses ennemis à travers le Multiverse. Et dans la foulée du Superman « Red Son » arrivent les vrais gardiens des réalités alternatives…

« The multiverse… I’m a little familiar with it. »

Peter Tomasi et Patrick Gleason nous ont livré ces derniers mois un Superman intéressant (sans doute le plus intéressant sur le marché, à comparer d’Action Comics, Trinity ou Justice League) mais englué dans sa gestion des rapports avec les autres. Ce récit commence avec le héros seul, sur la route, et même s’il ne tarde à faire de nouvelles connaissances, l’impression est réellement d’être face au « vrai » Superman, avec un petit parfum de Silver Age au passage. Ce Superman-là est expérimenté. Il est capable de parler plusieurs langues quand c’est nécessaire, il est familier du Multiverse et ne saute pas automatiquement sur des inconnus pour faire « comme les héros Marvel ». Il est réellement aux commandes. En face de lui, il y a des personnages également bien assurés et c’est une bonne idée d’utiliser Ivan Reis, le dessinateur des récits de début et de fin de Multiversity, pour cette utilisation des personnages assemblés à l’origine par Grant Morrison. Tout ça, cette architecture, cette facilité de contact, fait que même s’il y a de nombreux Superman, leurs différences ne sont plus un degré de difficulté mais aident à construire l’histoire. On regrettera sans doute que les Gatherers, eux, n’aient pas plus de personnalité. Mais inversement, dans ces collectionneurs fous, on reconnait un peu du message que Morrison avait planqué dans Multiversity, jusqu’aux « emballages » aperçus dans la dernière scène. Un arc qui commence bien, donc, et qui se lit même si on n’est pas un lecteur régulier de Superman. Pour ces derniers, c’est donc justement le moment d’essayer !

[Xavier Fournier]

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