Avant-Première VO: Review Captain America – Sam Wilson #17

Alors que les politiques font monter la pression autour du nouveau Falcon, le jeune partenaire de Sam Wilson n’en peut plus. Et si Captain America n’est pas prêt à frapper, alors son sidekick va recruter de l’aide auprès de Rage. Un duo au tempérament électrique… mais qui va comprendre certaines leçons en cours de route.

Captain America – Sam Wilson #17 [Marvel Comics]
Scénario de Nick Spencer
Dessins de Paul Renaud
Parution aux USA le mercredi 4 janvier 2017

Joaquim Torres, le nouveau Falcon, porte une version modernisée du costume originel de son prédécesseur, à l’époque où Sam Wilson se laissait aller à la révolte et où son propre mentor, Steve Rogers, tentait de lui enseigner un peu de retenue. Les temps changent. Et en adoptant l’identité de Captain America, Sam a accepté, aussi, les responsabilités qui vont avec. Captain America n’est pas n’importe qui, n’importe quoi. Il « représente ». Et il n’y a qu’à voir les polémiques pratiquement mensuelles pour comprendre que ce rôle patriotique agite certains ressorts bien particuliers auprès du public. Depuis le début de la série Captain America – Sam Wilson, Nick Spencer joue sur les clivages qui secouent l’Amérique mais aussi sur une forme de radicalisation du discours. Si le scénariste ne fait pas mystère sur les réseaux sociaux de sa défiance envers Donald Trump et les conservateurs, ce serait cependant une erreur de limiter « CASW » à une BD anti-Républicains. On l’avait déjà vu il y a quelques temps, dans des épisodes où Rage affrontait les Americops et où Captain America tentait de conserver un certain recul, bien que les deux camps tentent de le faire basculer. Si Nick Spencer n’épargne pas les milieux républicains (symbolisés ici par Harry Hauser et Ariella Conner), il se méfie du retour de manivelle que peut provoquer une indignation inverse et extrême. Dans une société qui privilégie la petite phrase et le tweet pour commenter des questions d’actualité, on a plus vite fait de choisir un camp que de chercher une solution. Et ceux qui privilégie le recul et la recherche de la réflexion avant d’agir, de poster ou de valider n’ont finalement pas choisi le chemin le plus facile, certains d’être accusés par les autres de non-interventionniste. C’est le regard, cette fois, que porte Joaquin sur Sam, déçu que ce dernier n’agisse pas sans perdre de temps, alors que la barrière entre le bien et le mal semble si évidente que la réflexion semble inutile. Le nouveau Falcon et Rage s’en vont en guerre… Mais ne tarderont pas d’être pris à leur propre jeu.

« All right then, it’s official super-hero team-up ! »

Le dessinateur Paul Renaud est fidèle à son style mais cette fois accentue, peut-être, son système d’ombres formées par des hachures. Ou bien s’agit-il d’une colorisation plus claire par endroits qui fait ressortir un effet déjà présent mais recouvert, d’habitude, par des tonalités plus massives ? C’est l’inverse d’une approche à la Mike Mignola, c’est à dire que l’ombre devient une mi- teinte, une texture. Et finalement c’est plutôt bien trouvé, comme une mise en image du principe de Spencer : les choses sont rarement tranchées. On aimerait bien, sans doute. Il y aurait le Bien (nous, forcément) et puis par ailleurs le Mal (les autres). La vie serait facile, mais aussi simpliste. Les choses, en réalité, sont bien plus complexes que cela. Captain America/Sam Wilson est un personnage qui lorgne vers le stoïcisme. Ce n’est pas la route la plus facile, mais c’est celle du héros, finalement, dans une époque où les ténèbres se cachent dans l’absence de nuance. A l’image de la polémique qui a agité le Landernau des comics la semaine dernière, au sujet de cet épisode, sur la foi de quelques pages, sans avoir une vue d’ensemble. Comme si finalement là aussi on assistait à une mise en abyme de la question. Captain America – Sam Wilson est une série bien plus fine qu’on pourrait le croire, qui discute de la situation du monde sans pour autant penser que la résolution est « facile ». Parce que si c’était le cas, tout le monde aurait la réponse depuis longtemps.

[Xavier Fournier]

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