Avant-Première VO: Review Justice League of America #1[FRENCH] Si pour vous la Justice League se sont avant tout les « big seven » et rien d’autre, Bryan Hitch lance cette semaine ce qu’il vous faut. Justice League of America #1 voit un recentrage sur les icônes, les seules icônes mais tourne aussi le dos à la culture du doute qui anime par ailleurs le titre principal depuis quelques années. Hitch remplace la parano galopante par un sentiment d’ampleur, un coup de turbo…

JLAbJustice League of America #1 [DC Comics] Scénario de Bryan Hitch
Dessins de Bryan Hitch
Parution aux USA le mercredi 17 juin 2015

Je crois que lorsque Dan Didio disait qu’il n’y aurait plus autant de continuité après Convergence, il parlait de titres comme Justice League of America, qui pourrait aussi bien se titrer « All-Star Justice League » tant Bryan Hitch arrive en oblique par rapport à tout ce qui se passe dans l’univers DC ou même dans la série Justice League à l’instant T. Pour lui, pas de passage par « Batman n’est plus batman », « Superman est en fuite », « Green Lantern n’est plus Green Lantern ». Et Lex, Power Ring ou Captain Cold ne font pas partie de l’équation. Au contraire, il revient au line-up classique (Cyborg remplaçant toujours le Martian Manhunter, comprenons-nous bien). La seule concession à la continuité, c’est une vague référence au fait que Diana est désormais la déesse de la guerre. Sorti de là, je ne vois pas bien comment tout pourrait s’articuler chronologiquement mais… ce n ‘est pas l’important. Bryan Hitch l’emporte en faisant ce qu’on attend de lui, de l’effet « larger than life » qui sublime même un adversaire de longue date de Superman. Le dessinateur d’Authority, des Ultimates ou de Real Heroes joue sur ses qualités, la représentation pratiquement cinématographique de grandes scènes de destruction.

Dans les premières pages, avec un Superman qui en ramasse plein la figure dans l’espace, j’ai pensé d’abord à Superman Unchained, avec cette même crainte de voir arriver une histoire aux combats spectaculaires mais tellement débranchée du tronc narratif de Superman qu’au bout du compte cela ne sert à rien. En fait, Hitch démarre sur une pirouette, avant de donner un autre sens à la scène. Je ne sais pas, bien sûr, ce que l’on en pensera à la fin de l’arc. Pour l’instant le scénariste/dessinateur a un avantage certain sur Snyder/Lee et sur certains de ses petits camarades. Si la chronologie est latérale, il nous donne la vraie Ligue, celle qu’on n’avait guère revue depuis le deuxième arc de la JL de Geoff Johns, le groupe étant balayé ensuite par le destin des titres individuels. Hitch a pour mission de nous (re)donner une Justice League qui soit la famille royale de DC. Et à part quelques visages un peu inégaux (Lois Lane, par exemple, change plusieurs fois de tête) et aussi un petit faux pas scénaristique (Batman détectant un piège pour bondir au beau milieu, à découvert), globalement c’est bien le sentiment que donne Justice League of America #1 : sept têtes d’affiche avec l’ampleur qui convient, avec le sentiment qu’on lit les aventures des vrais. Et je ne dis pas ça parce qu’il y a des remplacements dans l’air chez Batounet et les autres, mais bien parce que c’est le spectacle que la Justice League et ses membres devraient donner plus souvent. Comparé à la JL de Hitch, ce sont les autres qui donnent l’impression de ne pas être authentiques.

[Xavier Fournier]