[FRENCH] Les Defenders ont fort à faire : ils doivent non seulement repousser un des fils du Serpent mais également empêcher le mystérieux Prester John de menacer une infinité de réalités alternatives. Il faut sauver le vieil univers mais dans le même temps s’assurer que de nouveaux restent protégés. L’ennui c’est qu’ils n’ont pas quatre bras. L’aide qu’ils vont recevoir va venir… d’une lettre grecque ?

Defenders #3 [Marvel Comics] Scénario de Matt Fraction
Dessin de Terry Dodson
Sorti aux USA le mercredi 1 février 2012

Soyons clairs d’emblée : J’aime beaucoup cette nouvelle série mais dans le même temps il faut bien avouer que les Défenseurs sont un plaisir coupable, que l’équipe, du temps de sa grandeur, a toujours été un coin d’anarchie et ceci même à l’époque où les X-Men étaient inexistants, quand les FF ou les Avengers, eux, semblaient un rien guindés. Aussi il faut prendre en compte cet apriori positif et je dois dire qu’autant le titre actuel m’est sympathique, autant je me dis qu’un lecteur qui n’aurait pas connu les années 70 serait un peu à la traîne. L’histoire de Fraction, énergique et rapide, ne s’arrête très certainement pas pour présenter tout le monde. Prenez Prester John, par exemple. Si vous ne le connaissez pas, ce n’est pas cet épisode qui va mieux vous le présenter. Plus embêtant, vous ne serez pas conscients des apports, de ce qui a changé chez ce personnage, du signe que Doctor Strange reconnaît comme étant celui d’un vieil allié. L’angle choisi par Fraction est ici en un sens similaire à certaines approches de Grant Morrison sur ses Batman : pas de quartier pour ceux qui sont en reste, ils en seront quitte pour se taper des TPB pour aller à la chasse aux références.

Passée cette réserve sur le choc théorique que pourraient ressentir certains newbies… Si vous avez un bon souvenir du Marvel des années 70 et d’un certain héros mort, le type de pouvoir, le signe concerné devrait vous faire frémir. Il y a de toute manière une « vibe » très 70’s dans ce titre, que ce soit avec la présence d’Iron Fist où même la machine qui peut évoquer, en un sens, les gadgets anciens de type Omegatron. J’aime également beaucoup la dynamique de groupe qui s’installe et on se fait finalement assez bien à la présence iconoclaste de Red She-Hulk qui, en un sens, ne fait pas que remplacer le Hulk originel dans l’équipe mais tient aussi, dans le même temps, le rôle qu’avait la Valkyrie dans le premier volume. C’est certes dense et rapide. Il y a le risque de s’égarer, de perdre le lecteur. Mais il y aussi, c’est important, une pointe d’humour. J’aime particulièrement l’utilisation de Doctor Strange en mode un peu « Agence Tous Risques », à la « j’aime quand un plan se déroule bien ». Au lieu de chercher à établir un leader de fait, Fraction en fait une sorte de « trickster » imprévisible. Efficace. Au final je ne dirais pas que cette série est pour tout le monde. Mais c’est un peu comme à la mer : une fois qu’on est dedans, on y est bien…

[Xavier Fournier]