Le mercenaire à la grande g****e de Marvel est de retour dans les salles. C’était évident après le succès du premier film. Encore plus de blagues, encore plus d’action… Mais était-ce nécessaire ?

QUATRE OU CINQ MOMENTS

Wade Wilson alias DEADPOOL (Ryan Reynolds) à tout pour lui : une carrière de tueur à gages florissante, une femme qui l’aime, Vanessa (Morena Baccarin), et des projets d’avenir. Mais c’est dans compter quatre personnages qui vont perturber son quotidien. Un mafieux revanchard compromet ses projets de paternité, Colossus veut faire de lui un X-Man, un garçon appelé Russell a du mal contenir ses nouveaux pouvoirs et enfin un visiteur du futur, Cable (Josh Brolin), qui se prend pour Terminator. Notre héros devra éviter un moment-clé de se produire : l’assassinats de Russell. De quoi entretenir le suspense durant 1h58.

VICTIME DE SON SUCCÈS

Deadpool, premier du nom, avait été une forte surprise au Box-office. Maintes fois avortés, le film avait réussi à voir le jour avec un petit budget mais beaucoup d’idées. On aurait pu avoir peur que ce deuxième opus cherche à plaire au plus grande nombre avec des blagues ras de la pâquerette ou une violence édulcorée. Après tout, devenu phénomène de mode, les producteurs auraient pu cibler les plus jeunes. Que nenni, l’anti-héros trash de Marvel et de la Fox reste fidèle à lui-même. Trop peut-être. On peut y voir le syndrome “Gardiens de la Galaxie” : le premier avait été une vraie fraîcheur au sein de tous les films de super-héros de cette décennie. Le second était une copie réussie mais ennuyeuse. On a exactement le même sentiment en sortant de Deadpool 2. Plus de moyens qui permettent à l’ensemble de s’étoffer (contrairement au 2 décors et demi du premier) mais qui n’innovent pas assez pour captiver le public.

THE CABLE GUY

À peine l’a-t-on découvert en Thanos dans Avengers : Infinity War, Josh Brolin se glisse dans la peau de Cable, le mutant du futur. Le personnage fait obligatoirement penser à Arnold Schwarzenegger dans Terminator. Un homme, doté d’un bras robotique, revient dans le passé pour assassiner une personne pour sauver son futur. Le réalisateur joue d’ailleurs sur les ressemblances, notamment avec l’arrivée de Cable dans notre époque… sans pour autant citer le film de Cameron. Brolin incarne un Cable parfait. Teigneux, efficace, peut-être un peu trop fluet comparé à son homologue de papier (surtout sous le crayon de son co-créateur Rob Liefeld), on regrette simplement que les origines du personnage soit trop peu explorées. Le mutant mériterait son propre film…

TÂCHE FORCE-X

Cable n’est pas le seul mutant à apparaître dans le monde de Deadpool. Si dans le premier film, Wade se moquait que le studio ne lui laissait utiliser que Colossus et Negasonic Warhead, il y a profusion de mutants dans cette nouvelle histoire. Attention, pas des mutants de premier ordre (encore que, chacun a sa préférence) mais assez pour former l’équipe X-Force. La création de l’équipe et sa première mission est l’un des temps forts du film et prouve, encore une fois, que Deadpool se moque constamment de l’univers Marvel. Seule Domino sort son épingle du jeu au milieu de tous ces apprentis héros. Zazie Beetz (son interprète) est tout de suite l’une des chouchous du spectateur. Son pouvoir est très facile à comprendre et se prête à des situations rocambolesques. Question vilains, le scénario n’en manque pas… mais nous ne dirons pas plus pour ne pas spoiler.

Deadpool 2 s’en sort plutôt bien mais ne marquera pas les esprits. Plus profond parfois, complètement démesuré souvent et toujours aussi irrévérencieux, le héros désingue tout ce qui passe. Encore plus « meta » que le premier, les références sont pour autant plus « accessibles » au grand public (international) et ne gâchent pas notre plaisir ! Il faut maintenant espérer que le prochain film annoncé, X-Force, nous plongera dans une autre ambiance, au risque dans  le cas contraire de lasser.

[Pierre Bisson]

Deadpool 2 – Réalisé par David Leitch, avec Ryan Reynolds, Josh Brolin, Morena Baccarin, Zazie Beetz, Brianna Hildebrand – En salles le 16 mai 2018 – 20th Fox.