[FRENCH] Le loup (ou en tout cas Romulus) étant sorti du bois, Wolverine s’active pour vaincre l’homme qui le manipulait déjà avant sa naissance. Problème : le mutant canadien ne connait pratiquement rien de cet adversaire si puissant. Alors que l’autre peut prévoir la moindre de ses réactions. Comment, dans ces conditions, concevoir une stratégie imprévisible ?

Wolverine Origins #45 [Marvel] Scénario de Daniel Way
Dessin de Doug Braithwaite
Parution aux USA le mercredi 17 mars 2010

Il faut reconnaître à Daniel Way de ne pas toujours avoir joué les « valeurs sures » dans l’écriture de Wolverine Origins. Là où pratiquement tout le monde aurait empilé des clones de Sabertooth et des cyborgs ninjas pendant des années (problème dont à d’ailleurs régulièrement souffert la série « Wolverine » tout court), le scénariste s’est gardé quelques cartouches. C »est lui qui a tissé les liens entre Logan et Bucky. C’est aussi lui qui, jouant sur quelques allusions de Grant Morrison dans New X-Men nous a ressorti le Nuke de Frank Miller qui croupissait dans les limbes des comics. C’est encore Daniel Way qui, encore récemment, a puisé dans le répertoire Marvel pour aller chercher Ruby (personnage de troisième zone liée aux Headmen et à des périodes parodiques des Defenders ou de She-Hulk) pour lui donner un degré de dangerosité qui lorgnerait un peu vers une Mystique.

Daniel Way sait (pas tous les mois, mais de temps à autres) penser « en dehors de la boîte ». Et c’est toute la problématique qu’a, au même moment, son protagoniste principal. Romulus est capable de voir venir tous les coups habituels de Wolverine. Il connait tous ses alliés. Il s’est préparé à tout ce qui pourrait venir de ce côté-là. Les gens à qui Logan ferait confiance d’habitude ne sont donc dans le cas présent d’aucune utilité. Tout au plus ils seraient eux aussi mis en danger. Mais faut-il pour autant se rabattre sur des gens à qui Wolvie ne peut pas faire confiance ? Le héros doit lui aussi penser « en dehors de la boite » et prévoir l’imprévisible : un plan B que Romulus ne saurait voir venir. Et cela ne veut pas pour autant dire « aller chercher dans l’épuisette Marvel pour y trouver des personnages de quatrième ordre ». Non, la carte secrète que Wolverine s’est réservé n’a rien d’un truc oublié depuis dix ans. C’est même tellement logique (enfin justement non) qu’on se dit qu’on aurait du le voir venir. La dernière page arrache un « bien vu! » mais également l’envie de le voir vite en action ce plan. Je trouve d’ailleurs croustillant que le personnage qu’on découvre sur la fin du numéro soit ce mois-ci la roue de secours dans deux séries différentes. L’autre (je ne dirais pas laquelle par peur de spoiler, selon l’ordre dans lequel vous lisez vos comics) se plante dans les grandes largeurs mais ici ce même élément, placé au bon moment (et dans la bonne trame générale) devient un bon point d’orgue. Si vous aviez laissé tomber Wolverine Origins, il est temps de vous y remettre et de récupérer les épisodes de l’arc en cours. La confrontation finale approche et ce que Daniel Way nous sert ici (très bien complété par Doug Braithwaite au graphisme) est bien plus dynamique que ce qu’on a pu voir dans la même série un ou deux ans en arrière.

[Xavier Fournier]