[FRENCH] Jeph Loeb et Simone Bianchi ont remis la main sur Wolverine ces derniers temps, avec la ferme intention de donner une suite directe à l’arc qu’ils avaient produit sur la série. Ce qui veut dire du Romulus et, encore et toujours, des révèlations sur le passé de Wolverine. C’est beau à regarder… Mais l’histoire se fait quand même assez laborieuse…

Wolverine #312 [Marvel Comics] Scénario de Jeph Loeb
Dessins de Simone Bianchi et Simone Peruzzi
Sorti aux USA le mercredi 22 août 2012

Ces dernières semaines Jeph Loeb nous a déjà expliqué le retour de Sabretooth en y mettant assez peu d’effort, sur fond de clonage. Cette fois-ci voici en quelques pages comment insinuer que la série Wolverine Origins de Daniel Way est en grande partie invalide. A coup de « Comment ? Tu y croyait ? Mais enfin voyons… », Loeb vient donc danser sur les intrigues de Way d’une manière assez peu élégante. Ce n’est pas trop le fait qu’on trouve encore à redire sur le passé de Wolvie qui m’étonne ou m’agace. Parce que soyons clair, ca fait des décennies que le passé oublié de Logan/James est un réservoir à histoires et à retcons. Donc qu’on gratte encore dedans, ce n’est pas, en soi, un problème. Mais le ton désinvolte, la manière dont c’est fait, me semble singulièrement manquer de respect non seulement envers Way mais aussi envers tout ceux qui se seront tapés l’intégrale de Wolverine Origins (et, faîtes le compte, ça fait quand même une jolie somme tout mis bout à bout…).

Pourtant Loeb s’était trouvé un beau Deus Ex Machina, avec le personnage de Remus, la soeur de Romulus. Il suffisait d’utiliser cette mutante comme une porte ouverte vers autre chose. Mais non, en quelques phrases Romulus démonte une partie du truc. Alors, bien sûr, c’est Romulus (un peu ce que le Jackal est à Spider-Man), il est donc susceptible de mentir comme un arracheur de dents. Et d’ailleurs peut-être que dès le mois prochain Loeb lui-même reviendra sur une partie de ces affirmations. Mais on a clairement l’impression que le travail de Way est saccagé, ignoré. Autant j’appréciais quand Ennis avait évacué la question du Punisher « fantômatique » en une pirouette, autant j’avais rigolé quand Peter David avait fait des pieds-de-nez au Chapter One de John Byrne mais là (et sans spécialement être un fanatique de Way) je trouve que ça fait petit. A l’inverse, la révélation finale et son côté très Total Recall ne me paraît pas si illogique que ça (là pour le coup ça pourrait cohabiter avec certaines idées de Way mais vu l’approche de Loeb sur le reste de l’épisode j’en doute). Pour ce qui est du dessin, par contre, pas d’hésitation : Simone Bianchi s’est concentré sur le trait, laissant à Simone Peruzzi la mise en couleurs. Ce qui fait que sur le plan visuel c’est moins chargé et beaucoup plus lisible… On verra ce que donne le prochain numéro mais c’est bien le scénario qui plombe l’arc pour le moment…

[Xavier Fournier]