[FRENCH] On connait le cycle de Walking Dead. Périodiquement le « cast » est obligé de quitter sa sécurité pour s’ouvrir à une nouvelle communauté. Et en général on ne tarde pas à réaliser que l’utopie n’est pas de ce monde. Walking Dead aurait tendance à se répéter ? Et bien non ! Justement ! Et cet excellent 95ème numéro vient encore prouver que Robert Kirkman n’a pas épuisé les combinaisons pour relancer la série sur de nouvelles pistes en l’espace de quelques pages.

Walking Dead #95 [Image Comics] Scénario de Robert Kirkman
Dessin de Charlie Adlard
Sortie aux USA le mercredi 28 mars 2012

Rick a accepté de suivre son prisonnier jusqu’à l’autre communauté, plus grande, qui a trouvé refuge dans un véritable fort (même les gardes y ont des lances !). Très vite, le choix revient à faire confiance ou à refuser l’offre. Et très vite on fait la connaissance du boss de ce petit village, on se dit qu’on a déjà vu Rick confronté à ce genre de profil, qu’il y a un peu redite… Puis Robert Kirkman arrive et, en quelques cases, fait tomber les dominos dans une situation totalement différente. Disons que la visite va tourner au vinaigre mais pas du tout pour les raisons qu’on attendrait. Ici pas de « Governor ». Même pas de nouveaux personnages originaux en un sens mais… un contexte qui bascule de manière inattendue.

En un sens ce passage de Walking Dead me fait un peu penser au feuilleton Lost (plus précisément vers la fin de la deuxième saison et un peu de la sixième mais je ne veux pas trop spoiler, donc je ne vais pas entrer dans les détails). Pas pour des questions de « groupes » qui se confrontent mais bien dans cette logique à la fois étrange et réaliste où les meilleures intentions du monde peuvent mener à faire les pires choses. Prendre la bonne décision nécessite parfois d’être odieux. Walking Dead nous l’a déjà montré de nombreuses fois. Voici à nouveau un autre cas de figure qui le démontre. Un cas de figure si soudain, si efficace, que la dernière page vient comme un rideau qui tombe, comme une fin de saison. Si ce n’est qu’on est seulement à la troisième partie de l’arc. Kirkman retourne tout et se montre indéchiffrable au bon moment, imprévisible. Il nous laisse sur notre faim mais pour la bonne cause. Il nous laisse avec l’envie de vite en voir plus tant la scène peut mener à des routes si différentes les unes des autres. Magistral…

[Xavier Fournier]