Avant-Première VO : Review Thunderbolts #132[FRENCH] Après quelques épisodes, un constat amer s’impose pour les Thunderbolts version Dark Reign : ils sont loin d’être à la hauteur de leurs prédécesseurs. Pour preuve la rouste que Deadpool leur a collé, au cours du crossover Magnum Opus. Une nouvelle mission, à Madripoor, leur donnera-t-elle l’occasion d’inverser la vapeur ? En attendant de le savoir, les uns et les autres discutent, tissent des liens, et sont mis face à des vérités aussi évidentes que déplaisantes…

Thunderbolts #132 [Marvel] Scénario de Andy Diggle
Dessins de Roberto  de La Torre
Sortie américaine le mercredi 20/05/09

Thunderbolts #132Vous allez finir par croire que nous avons des actions chez Andy Diggle ! Mais il faut bien admettre que, depuis son arrivée chez Marvel, le scénariste réalise un parcours quasi sans faute. Il brille notamment par sa capacité à s’insérer dans les interstices de l’édifice Dark Reign, dont il est devenu le deuxième mur porteur, après Bendis. Finalement, ce mois-ci, c’est presque la première fois qu’il se retrouve livré à lui-même, libre de développer son équipe, sans lien direct avec le contexte global. Et, une fois de plus, il nous prouve sa maîtrise. Cet épisode s’ouvre sur une scène de discussion qui, en quelque page, fait émerger une personnalité propre à chacun des cinq membres, et crée des équipes au sein de l’équipe, par affinités humaines. Ghost remporte sans problème la palme du personnage le plus mystérieux. Diggle semble avoir des plans pour lui, et la mise en place est plus qu’alléchante.

Mais, contrairement à un Bendis en roue libre, le scénariste a l’intelligence de ne pas utiliser ce numéro de transition à seule fin de dérouler des dialogues. L’épisode comporte également sa part d’action – la fameuse mission à Madripoor – et j’ai apprécié la façon dont cette dernière est rondement menée : résolue sur-le-champ, on a réellement l’impression d’en avoir pour son argent. En 22 pages, Diggle se paye le luxe de faire progresser son équipe, de la faire évoluer, de nous servir de bons dialogues et une très bonne scène d’action – c’est devenu suffisamment rare pour être signalé !  Le dessin de Roberto de La Torre est à l’avenant. Son encrage charbonneux, conjugué aux couleurs sobres de Frank Martin, fonctionne parfaitement dans cette atmosphère. Et, à l’instar de son scénariste, il est aussi à l’aise dans les scènes de dialogue que d’action. Bref, on ne peut qu’espérer voir cette équipe créative nous faire un run digne de celui d’Ellis et Deodato Jr. Le potentiel pressenti ces derniers mois est ici totalement confirmé. Chapeau bas !

[Antoine Maurel]