Avant-Première VO : Review The Hulk #12[FRENCH] Le jeu cosmique opposant le « Hulk normal » au « Red Hulk » (alias « Rulk ») ainsi que leurs équipes respectives touche à sa fin. Et le mois dernier Jeph Loeb avait mis la barre plus haut en rajoutant un autre niveau de difficulté, d’autres personnages surpuissants venant parasiter la lutte entre les deux camps. On se demandait comment Loeb s’en tirerait ? C’est simple. Il botte totalement en touche…

The Hulk #12 [Marvel] Scénario de Jeph Loeb
Dessin de Ed McGuinness
Sortie américaine le 20 mai 2009.

The Hulk #12Un jour Jeph Loeb a créé le Red Hulk et décidé que d’une manière ou d’une autre ce serait un personnage très intéressant et très puissant. C’était un fait. Et puisqu’il en était ainsi, il n’y avait pas besoin d’autre justification. Bref nous voici 12 numéros après l’apparition du personnage et le scénariste continue de lui faire accomplir exploit après exploit, construisant la réputation de sa création sur le dos des autres. A partir de là on tape sur la figure des Watchers et autres entités cosmiques avec l’aisance d’un claquement de doigts. Et là, ce mois-ci, c’est ce défaut qui revient de plein fouet. Ces derniers mois Jeph Loeb avait épicé la série avec la présence de guest-stars mais il devient évident qu’il n’en a rien faire et qu’ils volent comme des confettis parce que, encore et toujours, le Red Hulk est « important ». Pourquoi, comment… ça, par contre, mystère…

Enfin non, pas mystère. Omission de détails plutôt. Car un scénariste qui construit un mystère va prendre la peine de vous lancer des pistes, même si certaines pourraient être fausses. Non, là il n’y a pas l’ombre d’une piste ou même d’une ébauche de construction du personnage. Le Red Hulk est… le Red Hulk. Et là, malheureusement, toute histoire est balayée par ce simple fait, les créations de Lee, Kirby, Ditko, Everett… étant renvoyées au rang de figurants. Qui eux apparemment n’ont pas l’importance d’un « Red Hulk ». C’est un peu comme quelqu’un qui deviendrait champion aux échecs en se contentant de réécrire les règles pour gagner facilement. Cet arc avait paru amusant au début, avec sa réunion de héros venus d’époques différentes, un tantinet dans la même logique qu’Avengers Forever. Mais au bout du compte tout ça s’essouffle. Restent les dessins de McGuinness qui dynamisent tant qu’ils peuvent un récit sans doute écrit un peu trop vite et qui, du coup, se lit au moins aussi rapidement. Dommage.

[Xavier Fournier]