Avant-Première VO: Review Superman #41[FRENCH] Qu’est-il arrivé à Superman ? Si une demi-douzaine de comics du mois nous pointaient ce numéro comme étant celui où l’on trouverait les clefs, Gene Luen Yang et John Romita Jr. sont plus occupés à poser leurs propres questions avec, déjà, la banalisation de l’effet « flare ». Un épisode très inégal.

Superman #41Superman #41 [DC Comics]
Scénario de Gene Luen Yang
Dessins de John Romita Jr.
Parution aux USA le mercredi 24 juin 2015

On le sait depuis le FCBD Divergence, Superman va finir « démasqué » par Lois Lane, avec une perte partielle de ses pouvoirs. Les modalités, on les ignore mais depuis le début du mois de juin, on nous indiquait que le trou serait comblé avec Superman #41. Ce n’est cependant pas le cas, car les auteurs (dont Gene Luen Yang, remplaçant Geoff Johns) préfèrent raconter leur histoire de façon décompressée sur plusieurs numéros… et Superman #41, finalement, se contente de repousser les réponses à plus tard. C’est décevant, bien que ce ne soit pas entièrement de la faute des auteurs, plutôt de la multiplicité des séries. Imaginez que le Daredevil de Bendis ou celui de Brubaker, avec leurs propres ellipses temporelles, aient été menés de front avec d’autres séries Daredevil obligées d’accompagner le changement. Ici c’est un peu l’effet de toute l’opération et j’ai bien peur, qu’au final, on doive passer une vingtaine de numéros de séries diverses (Action, Superman/Wonder Woman, Batman/Superman…) dans le vague en attendant que Superman rattrape le cours des choses.

Il y a un ou deux éléments propres à cette histoire qui sont intéressants, comme la présence d’un dictateur africain qui sort assez des habitudes de Superman. Ou encore une scène qui montre que Lois Lane n’est pas mauvaise pour démasquer les gens, même si c’est appliqué ici à quelqu’un d’autre que le surhomme. Mais ces moments sont contrebalancés par d’autres moins heureux. Par exemple, j’imagine mal Clark Kent mettre en danger un(e) civile pour sauver sa propre identité. C’est déjà très différent de celui de Johns, qui revenait à un personnage plus idéaliste. Et puis le problème (mais cela ce n’est pas propre aux auteurs de ce numéro), c’est le manque d’empathie que l’on peut avoir avec Lois Lane, devenue carriériste et nullement sympathique depuis 2011, à part de rares moments. Est-ce que vraiment la seule manière de présenter une working woman est d’en faire une pimbêche ambitieuse ? Là, je cherche vraiment les raisons qui pourraient pousser Clark à être ami avec une femme si dure. L’alchimie entre les deux en souffre. Qu’ils ne soient plus mariés, ok, on a pu faire notre deuil de cette phase… Mais là rien ne les rassemble, ne les rapproche. Aucune valeur en commun. Et du coup le ressort dramatique que l’on nous prépare n’aura pas la même force.

[Xavier Fournier]