Avant-Première VO: Review Ragnarök #1

Avant-Première VO: Review Ragnarök #1[FRENCH] Walt Simonson, l’un des auteurs les plus emblématiques de Thor (et le créateur de Malekith), s’intéresse une nouvelle fois au mythe d’Asgard. Mais cette fois c’est en mode « creator-owned », chez IDW. Le scénariste-/dessinateur n’a rien perdu de sa puissance

Avant-Première VO: Review Ragnarök #1Ragnarök #1 [IDW Comics]
Scénario de Walt Simonson
Dessin de Walt Simonson
Parution aux USA le mercredi 23 juillet 2014

L’actualité récente nous montre qu’une équipe créative (et je pense en particulier à Ed Brubaker et Steve Epting sur Velvet) peut transposer le ton de ce qu’elle faisait chez l’un des « big two » pour en faire un creator-owned qui fonctionne de manière totalement autonome. Walt Simonson est pratiquement une équipe créative à lui seul (je dis « pratiquement » parce qu’il faut aussi compter avec la coloriste Laura Martin, ici déterminante) que l’on associe au Thor des années 80, quand le héros de Marvel se frottait pour la première fois à des menaces comme Lorelei ou Malekith. Et le voici quelque chose qui pourrait être publié chez Marvel sous le couvert d’un Tales of Asgard mais qui n’existe que par la personnalité de son auteur et qu’il est donc libre de promener où il veut. Mis à part l’aperçu lointain d’un Thor qui, pour des raisons légales, ne peut pas être celui Kirby (et encore j’imagine que Simonson de toute manière vise à quelque chose de plus mythologique), Ragnarök c’est Asgard telle qu’elle existe dans l’ombre des dieux. Mais au-delà du côté « whoou, cela parle là aussi d’Asgard », je trouve que, dans l’angle, on est aussi assez proche de ce que Simonson a pu faire sur Orion et ses Tales of The New Gods.

Ragnarök, en tout cas sur ce premier épisode, se centre sur Brynja, une mercenaire issue des elfes noirs qui accepte un dernier « coup » avant de se retirer, espérant que son commanditaire offrira l’immortalité à sa fille. L’ennui, c’est que l’entité en question lui signifie seulement après que si jamais elle échoue, la fille en question va souffrir dans les grandes largeurs. Voici donc Brynja obligée de réunir autour d’elle des hommes de main, tandis que l’on nous montre qu’un terrible dieu de pierre sera amené à jouer un rôle dans l’histoire. Grand fan de Simonson depuis ses Hercules Unbound (et cela ne date pas d’hier), j’ai été un peu moins ébloui par ses productions récentes chez Marvel (par exemple sur Hulk), où son trait devenait tellement acéré, excessif, que cela en gênait à mon avis la narration. Ragnarök montre au contraire que lorsqu’il a une coloriste qui propose des tonalités plus douces, moins criardes, tout cela fonctionne encore à merveille. Après, bien sûr, il faut aimer les ambiances de Simonson. Il y a les « pour » et les « contre ». Mais j’imagine mal qu’un fan de Simonson (et de ses récits mythiques pour Marvel ou DC) pourrait ne pas se retrouver dans cette nouvelle série.

[Xavier Fournier]

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