Avant-Première VO: Review Justice League of America #3[FRENCH] Le Grand Dieu Rao parcourt la Terre pour y apporter paix et prospérité, devant une partie de l’humanité ébahie et un Superman aux anges. Mais une partie de la Justice League a été téléportée ailleurs. Et Batman, lui, ne croit pas à l’Utopie. Quelque chose nous dit qu’il a raison…

Justice League of America #3Justice League of America #3 [DC Comics]
Scénario de Bryan Hitch
Dessins de Bryan Hitch
Parution aux USA le mercredi 26 août 2015

Poursuivant ce qui pourrait aussi bien être un All-Star Justice League tant la chose est débranchée de la continuité en place, Bryan Hitch tient s’acquitte cependant du contrat moral qu’il passe à chaque fois avec le lecteur : des scènes d’action, des effets spectaculaires façon « grand écran »… C’est la Justice League à plein régime, avec en face une des menaces les plus puissantes qu’elle ait affronté. Je préférais quand même un peu le travail de Bryan Hitch sur le récent Real Heroes, un peu plus proche des Ultimates. Cependant, l’effet et là et l’auteur donne vraiment l’ampleur qui convient à la Justice League, tout en respectant des figures de style qui remontent à avant le reboot. Pas de doute, la camaraderie entre Flash et Green Lantern, c’est bien celle qui existait avant 2011. Idem pour les liens entre Superman et Batman, cette amitié pleine de méfiance, dont le mécanisme est plus proche de ce qui avait été mis en place avec le Man of Steel de Byrne. Hitch s’en tire très bien et gère avec aisance les dialogues bien typés, bien paranos, d’un Batman.

Cependant, d’autres éléments aussi font déjà vus et, cette fois, pas dans le bon sens. Tout vient du fait que Rao n’a pas assez de charisme et de personnalité. Du coup, il peine à dépasser le cliché de l’extraterrestre qui nous affirme venir en paix tout en nous préparant sans doute un but plus inquiétant. Très précisément cet arc avec Rao semble être un remix entre deux arcs passés. D’un côté les White Martians (le premier arc de Grant Morrison sur la JLA) et de l’autre l’arc de Gog et Magog dans Justice Society of America où un dieu débarquait déjà sur les mêmes paramètres de « je guéris les maladies, je stoppe les guerres, tout ce que je demande c’est que l’on croit en moi ». Si Rao avait assez de personnalité propre, il s’imposerait et cacherait sans doute mieux cette formule de base. Mais, pour l’instant, il peine à décoller. Du coup, c’est dommageable pour cet arc qui, sur tous les autres aspects, s’en tire très bien.

[Xavier Fournier]