Avant-Première VO : Review: Irredeemable #1[FRENCH] On a droit à un Mark Waid très en forme ces temps-ci. Alors qu’il travaille occasionnellement sur Amazing Spider-Man, le voici qui sort à quelques jours de distance un nouveau numéro de Potter’s Field, le début de Incredibles et là, une semaine plus tard, ce petit bijou qui s’appelle Irredeemable et qui repose – à un certain niveau – sur le fait que les gens ne correspondent pas toujours à l’idée que les autres s’en font. Quoi ? Vous vouliez une histoire située dans un contexte super-héroïque ? Pas de problème, on est en plein dedans. Mais avec un twist cynique.

Irredeemable #1 [Boom!] Scénario de Mark Waid
Dessins de Peter Krause
Sortie américaine le mercredi 1er avril 2009

Avant-Première VO : Review: Irredeemable #1Il existe différentes manières de définir cette nouvelle série. On pourrait dire que c’est un récit où le Superman de Kingdom Come n’a pas pris la même décision, qu’au lieu de guider une génération hors des ténèbres, il a décidé de sombrer plus loin. Ou bien on pourrait écrire que Irredeemable, c’est un peu comme si le bad guy d’Empire avait été auparavant un super-héros, dans le camp des bons. Tout ça, bien sûr, serait en prime une bonne manière de rattacher ça au parcours de Waid, de nous convaincre qu’il est fidèle à une vision, à un fil directeur immuable, une évolution logique. Mais tout ça, justement, serait passer à côté du concept d’Irredeemable qui tient en une interrogation : Sommes-nous condamnés à n’être que ce que les gens retiennent de nous, parfois à travers une vision très limitée ? C’est la question que pose de manière très intéressante Grant Morrison dans la post-face de ce numéro #1. Mark Waid, lui, prend le taureau par les cornes dès les premières pages en s’attaquant à un archétype qui justement refuse de l’être. Un héros iconique qui a décidé de changer (et pas qu’un peu), sans doute blessé par l’ingratitude du public. Du coup, mettre les gens dans une catégorie, leur coller une image et se convaincre qu’elle est leur seule définition trouve ici une autre expression : imaginez que celui que vous avez laissé entrer chez vous pendant des années en passant qu’il s’agissait d’un ange se révèle en fait un impitoyable prédateur ? Et que vous réalisiez ça seulement après lui avoir livré tout vos secrets ?

En l’occurrence, Plutonian (ça aurait pu être Superman, Supreme ou Apollo) est, vous l’aurez compris, définitivement passé du côté obscur et le réveil est pour le moins difficile pour le reste de la communauté super-héroïque. On sait finalement peu de choses dans ce premier numéro. On devine une partie du pourquoi, il nous manque encore le comment… Mais dès le début il y a une touche de sadisme rendu peut-être encore plus flagrante pas le fait que l’histoire est dessinée par Peter Krause (qu’on avait vu en d’autres temps dessiner les aventures du bien plus innocent Captain Marvel/Power of Shazam). Le contraste entre le charme un peu premier degré du graphisme et la dureté des actes est assez payant. Finalement on en sait peu sur le protagoniste principal mais on voit l’action surtout par un monde de héros qui se réveille avec horreur… Alors ne disons surtout pas que Mark Waid nous emmène dans une direction d’excellence à laquelle il nous a habitué. Disons plutôt qu’à travers Irredeemable il ne se renie pas mais il aborde aussi d’autres sphères, que c’est un peu comme un Identity Crisis dans lequel le coupable serait Superman, qu’il y a – je le crois seulement à ce stade mais les épisodes suivants auront tout le loisir de nous le confirmer ou pas – qu’il y a quelque chose de Millar, d’un Wanted pratiqué du côté des héros… Je vais vous le dire tout net : après avoir terminé la lecture de ce premier numéro, il me semble qu’Irredeemable est LA série à surveiller dans les mois qui viennent. Avec bien sûr l’obligation de ne pas nous décevoir. C’est ça aussi le problème quand on met la barre haut et qu’on captive dès les premières pages. Il va falloir tenir la distance. Mais je ne peux que dire « vivement le mois prochain ».

Et comme en plus il y a une couvertue de John Cassaday, cette postface de Morrison et en prime un preview d’une autre série à venir (The Unknow, il est vrai plus de mise avec les séries fantastiques qu’on connait de Boom), il y a intérêt à la surveiller cette série…

[Xavier Fournier]