Avant-Première VO : Do Androids... #2[FRENCH] Alors que Boom! continue sa mise en images de « Est-ce que les androïdes rêvent de moutons électriques ? », l’ouvrage qui a par ailleurs inspiré le film Blade Runner, la question de la fidélité avec l’œuvre de Philip K. Dick ne se pose plus. C’est plus la forme atypique de la narration qui pose question dans ce deuxième numéro…

Do Androids Dream Of Electric Sheep [Boom!] Scénario de Philip K. Dick
Dessin de Tony Parker
Sortie aux USA le mercredi 5 août 2009

 Do Androids Dream Of Electric Sheep #2Avec la trame du roman d’origine qui a été découpée en 24 morceaux, ce deuxième épisode de la série nous permet de faire connaissance avec Rachel (les initiés du livre de Dick ou encore de Blade Runner comprendrons de quoi il est question). Tony Parker continue d’adapter fidèlement l’œuvre du maître. Parfois à un degré hallucinant car on a l’impression que le dessinateur oublie un peu qu’il y a des choses qu’il n’est plus besoin d’expliquer puisqu’il les montre. Le ton se fait en effet un peu trop littéraire par endroit, à commencer par les premières neuf pages qui sont un long monologue en « voix off ». Après, même si des dialogues interviennent, l’illustrateur colle au texte à un point où il n’est plus la peine puisqu’on est dans le cadre d’une BD. Ainsi quand on voit le héros descendre de voiture et parler à Rachel, l’action est souligné d’un commentaire qui explique « dit-il alors qu’il sortit de la voiture ». Ce dont le lecteur se doute puisqu’il vient de le voir dans la case. Avec le souci du respect du texte du livre, la voix du commentateur se fait omniprésente, plus qu’il serait nécessaire dans un récit visuel. Et les placards de texte qui en découlent (par exemple page 12) sont quelque chose que la plupart des lecteurs ne manqueraient pas de reprocher à Chris Claremont ou à Brian Michael Bendis.

Seulement voilà, Tony Parker a pour lui la carte de la fidélité. En définitive j’imagine que s’il avait coupé la voix off, certains fans de Philip K. Dick le lui reprocheraient. Et puis la série dispose d’une pagination plus large que le tout venant des comics (26 pages pour l’épisode), ce qui fait qu’on peut fermer les yeux sur ce qui, à un certain égard, ralentit un peu l’action. Tony Parker est un dessinateur efficace mais j’aimerais quand même quelque chose d’un peu plus nerveux, un peu dans la veine de la couverture signé Moritat (qui s’est fait connaître sur Elephantmen, où l’ambiance était déjà un tantinet dans le sillage de Blade Runner). Bref, après avoir été rassuré par le #1 et le respect de l’œuvre d’origine, avec le #2, forcément, l’effet de surprise joue un peu moins et on voit ce qui pourrait être amélioré. Mais c’est un peu normal, il faut que l’auteur trouve sa vitesse de croisière et que le lecteur lui aussi s’immerge dans cet univers un peu à part. On verra au #3 si on approche d’un juste ton…

[Xavier Fournier]