Comic Box Virgin #45[FRENCH] « Si tu pouvais remonter le temps pour tuer Hitler quand il était enfant »… où ai-je déjà vu ça ? « Pour notre sécurité à tous, un mutant doit mourir »… où ai-je déjà lu ça ? « On se sent toujours quand on est proches »… allez, celle-là étant plus difficile, je vous donne une piste : ça fait très Highlander, vous savez quand ils s’approchent entre immortels etcætera…

Disons que c’est un puzzle d’hommages et citations au deuxième degré. Quand les méchants d’opérette de l’histoire s’appellent Organisation Apollyon, ça DOIT être du deuxième degré…  Si on décerne un ton cassant un poil hargneux dans ces mots, c’est que ma déception a été rude.

Proximity EffectMais commençons par le début… Proximity Effect a connu une genèse très particulière. Le premier épisode a été mis sur le net par Top Cow, récoltant la faveur de presque 100.000 lecteurs. L’éditeur voulait lancer par là une nouvelle stratégie, se montrant lucide et surtout pas frileux quant au rôle actuel de la toile dans l’édition. Couplant cette expérience avec un partenariat avec des producteurs de guitares (la protagoniste en joue) ou des sodas, Top Cow comptait aussi toucher une audience différente de la sienne. Cette approche marketing agressive et rusée, ainsi qu’une option cinématographique immédiate, m’avait laissée hésitante quant à me faire prendre dans ce rouage publicitaire.

Mais, à la lecture du pitch, j’ai craqué. L’idée de la série est qu’il existe au monde des personnes, les Syphons, avec des capacités incroyables, qui ne peuvent par contre pas être révélées que par la proximité d’une Source, un être qui n’a aucun pouvoir en soi, mais dont le rôle est d’activer et décupler ces attitudes. Le rapport entre les deux doit être étroit (littéralement : pas plus de 10 mètres de distance !) et les implications psychologiques sont énormes : on parle d’êtres humains qui ne sont rien l’un sans l’autre, et qui ne trouvent leur épanouissement (qu’ils le veuillent ou pas !) qu’ensemble.
Quand on sait que les sources sont rarissimes, on imagine aussi l’enjeu qu’elles représentent, ainsi que leurs exploitations possibles et leur rôle dans l’histoire. Il paraît en effet que, par exemple, John F. Kennedy était un Syphon… ayant épousé une Source !

J’entame donc avec enthousiasme la lecture de Proximity Effect, pour tomber sur une potiche blonde habillée comme Paris Hilton qui n’arrête pas de jacasser. C’est Lisa, le Syphon, alors que sa Source, Caleb, est un gentil garçon silencieux avec une cicatrice à la Harry Potter. Ils se font poursuivre par plusieurs types, ayant tous intérêt à les récupérer pour leurs fins. C’est rapide, sans profondeur, un peu brinquebalant, bruyant et clinquant autant que sa mise en couleurs, et ça passe magistralement à côté d’une idée de départ qui aurait pu se révéler, mieux exploitée, tout simplement géniale.

[Camilla Patruno]