Avant-Première VO : Review Dark Reign: The Cabal #1[FRENCH] Plein feux sur les fortes têtes de Dark Reign. Ce one-shot passe en effet en revue les perspectives des différents protagonistes de la nouvelle donne. Et surtout il y a du beau monde aux manettes, avec des noms comme Matt Fraction, Adi Granov, Peter Milligan, Daniel Acuna… Au final le résultat est inégal mais comporte quelques histoires qui valent le détour…

Dark Reign: The Cabal #1 [Marvel] Scénario de Jonathan Hickman, Matt Fraction, Rick Remender, Kieron Gillan, Peter Milligan
Dessins de Adi Granov, Daniel Acuna, Max Fiumara, Tonci Zonjic
Sortie aux USA le 29 avril 2009

Dark Reign: The Cabal #1Si vous vous attendiezà une sorte de « pendant » de ce que furent les épisodes consacrés aux Illuminati à l’époque de Civil War, vous risquez d’être surpris. Bien que consacré au cercle dirigeant de Dark Reign, ce numéro spécial ne repose pas (ou vraiment très peu, avec l’exception notable d’une certain « camaraderie » entre Namor et Von Doom) sur les relations entre les protagonistes. On pourrait même dire que c’est l’absence de relations qui est mise en évidence. A part quelques scènes qui peuvent se comprendre comme un à-côté des événements actuels dans la série Thor, on ne découvre pas de « secrets » ou de révélations… A plus forte raison parce que Dark Reign: The Cabal est en fait une collection d’histoires essentiellement individuelles. La plus spectaculaire est assurément la première, centrée sur Doom et dessinée magistralement par Adi Granov. C’est une curiosité car elle se déroule en bonne partie un an dans le futur… Et j’imagine mal Marvel nous raconter comme ça un an à l’avance le dénouement de Dark Reign. Disons donc que ça se passe en partie dans la tête de Doom et selon la manière dont il voit venir les choses. Avec une entrée en matière telle que celle là, certains auront peut-être compris que c’est une histoire inutile. Je ne le trouve pas, car elle témoigne si besoin en était que Doctor Doom reste le loup parmi les loups et le super-villain emblématique de Marvel. On y voit toute sa férocité, tout ce côté noir que ses alliés n’ont sans doute pas dans les mêmes proportions, malgré leurs pouvoirs et leurs propres caractéristiques maléfiques.

Deuxième arrêt autour d’une histoire sur Emma Frost qui, là, pour le coup, n’amène absolument rien. Matt Fraction écrit un récit qui passe en revue l’histoire de l’ex-Reine Blanche. Tout ça est bien gentil et joliment dessiné par Daniel Acuna mais enfin bon, pour peu que vous ayez suivi les grands rebondissements de la vie de la télépathe blonde, ce segment n’apporte absolument rien et ne s’adresse en gros qu’à des lecteurs qui n’auraient découvert Emma que ces dernières années, pour ne pas dire ces derniers mois. Et le rapport avec Dark Reign est ténu. Avec une histoire de The Hood, Rick Remender est plus prêt de l’objectif, d’autant qu’il fait le lien avec le Hood tel qu’on le connaissait dans la minisérie initiale (son côté jeune père de famille…) et le manipulateur qu’on a pu voir ces derniers temps. La petite histoire ne chamboule pas le personnage mais elle permet de montrer comment les deux profils du Hood s’articulent et de plus elle tombe à pic, puisque bien synchronisée avec l’utilisation que fait le même Remender de cet encagoulé dans ses Punisher.

L’histoire de Namor… n’a aucun rapport avec Dark Reign. Tout au plus on lui reconnaîtra de définir le sens de la justice du Prince des Mers et que les autres histoires montrent aussi, à leur niveau, comment les « cabalistes » voient les notions de vengeance, de justice, de rétribution et d’alliance. Le rapport n’est donc que thématique et cette « aventure » de Sub-Mariner (qui jouit d’un graphisme intéressant cela dit) pourrait aussi bien paraître dans un Astonishing Tales. Elle n’est pas désagréable mais la question de son utilité reste posée. Enfin la dernière utilise Loki et un autre membre de la Cabal et comme je le disais plus tôt, elle a l’avantage d’être raccord avec ce qui s’est passé dernièrement dans les pages de Thor. Sur quatre histoires, donc, deux tombent un peu à plat (sans fondamentalement être mauvaise) mais rien que la « nonchalance furieuse » de Doom telle que dessinée par Granov vaut le détour…

[Xavier Fournier]