Avant-Première VO : Review Thunderbolts #131[FRENCH] Après trois numéros rythmés et délirants, emmenés par un Deadpool en grande forme, le crossover Magnum Opus touche à sa fin. De fait, on a un peu l’impression que Diggle range sagement les jouets sans nous offrir de réelle surprise. Cela dit, les Thunderbolts reviennent un peu sur le devant de la scène, et le scénariste est assez malin pour nous négocier une conclusion qui laisse présager qu’on n’a peut-être pas fini de voir le « merc with a mouth » (« mercenaire grande gueule ») dans les pages de l’équipe black ops de Norman Osborn.

[Marvel] Thunderbolts #131
Scénario de Andy Diggle
Dessins de Bong Dazo
Sortie américaine le mercredi 29/04/09

Thunderbolts #131Le mois précédent, Andy Diggle nous avait prouvé que, le cas échéant, il pouvait prendre la relève de Daniel Way sur Deadpool au pied levé, tant il maîtrisait l’écriture schizophréno-délirante de Wade Wilson. Cette fois, c’est un brin plus convenu. Une autre manière de voir les choses est de considérer que les Thunderbolts reprennent un peu la main, ce qui n’est pas une mauvaise chose dans la mesure où c’est leur série, après tout. Pour le reste, pas de grosse surprise : le scénario se contente de répondre à toutes les promesses de l’épisode précédent (dans les pages de Deadpool, donc). Le plan du mercenaire et du Taskmaster se déroule globalement sans accroc, tandis que l’équipe B d’Osborn parvient tout juste à arrondir les angles de ce qui s’annonçait comme une sévère déculottée. De fait, les Thunderbolts cru 2009 peuvent s’attendre à une petite explication musclée avec un patron qui s’impose une fois de plus comme un des grands psychopathes de l’univers Marvel. Et, sans trop vous en révéler, la conclusion laisse une ou deux ouvertures intéressantes, lesquelles pourraient aussi bien transformer la série en l’histoire d’une bande de renégats cherchant à échapper à la colère de leur ancien employeur. Rien ne permet de l’affirmer, mais il est évident que Diggle a un terrain assez fertile, sur lequel il peut faire pousser ce qu’il veut. Et comme, ces derniers mois, il n’a cessé de nous donner toujours plus de garanties d’un talent certain, on est pour le moins impatients…

D’une certaine manière, il était temps que le crossover s’arrête, tant il était phagocyté par Deadpool, et affaiblissait mécaniquement les Thunderbolts, pourtant pleins de potentiel. Mais le mercenaire appelle une écriture et une forme globale assez « présentes », pour dire le moins, et il aurait été dommage de transformer Thunderbolts en série annexe de sa série principale. Sans doute la nouvelle mouture de l’équipe est-elle encore un peu jeune pour encaisser un invité aussi omniprésent que Deadpool. Dans quelques numéros, lorsque les deux se recroiseront (car je reste persuadé que ça arrivera), les T-Bolts auront sans doute plus de personnalité !

La prestation de Bong Dazo va un peu dans le même sens, à mon avis. Entendons-nous, tout cela est très propre, et même assez graphique, mais ça tranche un peu trop avec l’ambiance de base de la série, sans parler du ton instillé par les couvertures. Dans le contexte du crossover, l’aspect un peu glamour de son dessin passe plutôt pas mal, mais ça n’aide toujours pas la série à trouver son identité. C’est, pour le moment, le principal écueil, mais, une fois de plus, Diggle a suffisamment montré ce qu’il savait faire pour que nous restions confiants !

[Antoine Maurel]