[FRENCH] « Night of the Owls » bat son plein : Batman, poussé dans ses derniers retranchements, doit affronter une armée de Talons à l’intérieur même de la Batcave, aidé seulement par la voix du fidèle Alfred. Gotham toute entière est prise d’assaut et les Talons ont pour eux le nombre. Mais peut-être n’auraient-ils pas du affronter le justicier sur son propre terrain…

Batman #9 [DC Comics] Scénario de Scott Snyder & James Tynion IV
Dessins de Greg Capullo & Rafael Albuquerque
Sorti aux USA le mercredi 9 mai 2012

Voici un épisode qui témoigne totalement du brio du duo Snyder et Capullo. Car l’histoire n’est pas vendue à coups de rebondissements faciles. Au contraire c’est bien un combat qui occupe l’essentiel de l’histoire centrale. Et force est de constater que là où d’autres creative teams nous donneraient l’impression de venir à bout de la lecture en moins de 5 minutes, ici les auteurs nous livrent quelque chose de dense et efficace. Une lutte bien réglée où chaque recoin de la pourtant très connue Batcave recèle une capacité de contre-attaque (par exemple l’utilisation d’un « chien de garde » très atypique). Il n’y a guèr qu’un aspect de l’intrigue qui me fait tiquer : le nombre de Talons envoyés pour en finir avec Bruce Wayne alors que visiblement ils ignoraient qu’il était en fait Batman, une « petite armée » qui s’explique mal quand on voit que les autres cibles ont en général un seul Talon à leurs trousses.

Mention spéciale aussi pour la « back-up » qui propose ici une vraie extension de l’histoire tout en organisant des éléments périphériques importants liés à la famille d’Alfred. Les « back-ups », c’est quelque chose que le nouveau DC a géré avec des résultats vraiment très mitigés depuis le relaunch. En général on a l’impression de se faire refiler une sorte d’interlude, de remplissage. Les histoires où Two-Face passe 5 pages à jongler avec sa pièce fétiche, où les Kent s’occupent d’adopter Clark, où Steel installe un transformateur électrique… Tout ça jusqu’ici a été assez bas de gamme au niveau scénaristique (à l’exception du Shazam de Johns et Frank, mais il est conçu comme un feuilleton sur le long terme). Là, au contraire, on a quelque chose qui nous en dit plus sur Alfred et son père, qui fait référence à la chronologie de la famille Wayne et qui renforce la mythologie des Owls. Globalement j’aime bien comme Snyder (avec l’aide de James Tynion sur cette deuxième histoire) fait attention de ne pas tomber dans un piège : Souvent on a l’impression que la seule famille importante à Gotham est la lignée Wayne. Mais les Owls touchent aussi aux racines d’autres généalogies comme celles de Nightwing ou d’Alfred. Les ramifications sont plus captivantes et on sent vraiment que la menace va bien au delà d’un siège de la Batcave. Snyder continue de secouer le Bat-Universe comme il ne l’avait pas été depuis Batman R.I.P… Et le lecteur est vraiment aux premières loges. Qui s’en plaindrait ?

[Xavier Fournier]