Avant-Première: Review : Batman: The Dark Prince Charming #2

Marini conclut son aventure de Batman. Le chevalier noir doit secourir la petite Alina des mains du Joker. Et il va devoir être prudent car pour une fois, son ennemi juré n’en a pas après Batman mais après son alter-ego, Bruce Wayne. Une deuxième partie tout aussi splendide et palpitante que la première, pour une conclusion qui appelle une suite…

Batman : The Dark Prince Charming #2 [Dargaud/DC Comics]
Scénario et dessin de Marini
Parution en France le vendredi 15 juin 2018, parution aux USA le mercredi 20 juin 2018

La fille supposée de Bruce Wayne a été kidnappée par le Joker. Le Clown du Crime veut mettre la main sur un bijoux hors de prix pour l’anniversaire de sa chérie, Harley Quinn. Il décide donc de faire chanter le millionaire Bruce Wayne pour obtenir « légalement » l’objet qui doit être mis aux enchères. Et qui dit bijoux, dit Catwoman. La femme-chat (déjà présente dans le tome 1) revient en force ici. Au milieu de tout ça, la petite Alina montre qu’elle a du répondant. Ses différents échanges avec le Joker donnent des scènes de dialogues très « punchy » et des moments cultes. Si le premier tome était une introduction à l’univers de Batman vu par Marini, ce nouvel opus ne laisse pas une minute de répit aux lecteurs. L’ensemble permet à des lecteurs néophytes avec le monde de DC (et des comics en général) de lire une histoire complète, avec un début, un milieu et une fin. Batman étant un héros populaire dont on a forcément entendu parler, Marini n’a pas besoin de rappeler les origines du héros et de ses ennemis. D’ailleurs, contrairement à d’autres auteurs qui aiment jouer avec toute la galerie de vilains de l’Homme Chauve-Souris, il se concentre sur le Joker (et par ricochet Harley Quinn) : l’ennemi ultime de Batman. DC ne lui a pas imposé de se référer à la continuité actuelle des comics. Il donne ainsi à son scénario un aspect complètement intemporel… même si les pistes données dans les dernières pages forceront un jour DC a expliqué le devenir d’un des personnages. La jeune Alina n’est pas sans rappeler Damian, le fils de Batman. Butée, rebelle et éprise de justice, la fille présumée de Bruce Wayne devient de plus en plus intéressante au fil du récit. Et n’oublions pas Batman ! Si le héros devait jouer des coudes pour s’imposer face à Joker (qui semble être le chouchou de l’auteur), Batman/Bruce est ici bien plus mis en avant. Le contraste est moins fort entre les deux personnalités du personnage. Bruce Wayne est tout aussi torturé que son alter-ego masqué. Pas question de lui faire jouer au playboy excentrique, même quand il est dans le milieu mondain.

« On est défini par ses ennemis, Princesse. »

Visuellement ce tome est consistent avec ce que le dessinateur a fait précédemment. Les couleurs sont chaudes même dans les scènes nocturnes. Tout en respectant un certain découpage à la « franco-belge », Marini s’inspire aussi de la mise en scène à l’américaine. Le découpage donne ainsi du dynamisme à l’ensemble. On a l’impression (notamment dans les scènes d’action) de voir un story-board de film d’action qui n’aurait plus qu’à être retranscrite à l’écran. La couleur peinte n’est pas habituel pour un « Batman » mais ne peut qu’attirer l’oeil et donne cette touche caractéristique à l’oeuvre de Marini. Un plaisir pour les yeux…

À la manière d’un Earth One (cette gamme qui ré-imagine les origines des héros DC), Batman: The Dark Prince Charming séduira les fans comme les non-initiés. L’auteur réussit à nous donner envie d’en voir plus quand on referme l’album. Et il y a matière pour d’autres aventures…

[Pierre Bisson]
Comments: 0

Laisser un commentaire

error: Content is protected / Le contenu de ce site est protégé !!