Avant-Première VO: Review X-Men Red #5

X-Men Red #5

Les X-Men Red de Jean Grey continuent de voyager dans le monde en espérant aider les mutants où qu’ils se trouvent. Mais lorsqu’on se considère également comme une nouvelle nation, bousculant l’équilibre géopolitique de la planète et tissant déjà des alliances diplomatiques avec le Wakanda et Atlantis, chaque déplacement devient problématique. Un ou deux nouveaux membres ne seront pas de trop. Et justement…

X-Men Red #5X-Men Red #5 [Marvel Comics]
Scénario de Tom Taylor
Dessins de Mahmud Asrar
Parution aux USA le mercredi 6 juin 2018

Cassandra Nova manipule les leaders politiques du monde entier pour faire passer des lois anti-mutantes… mais aussi indirectement des militants dont l’un d’entre eux, pratiquement au début de la série, a tué une petite fille. De quoi énerver même un mutant pourtant pas connu pour être parmi les plus militants, bien décider à lui faire payer… avant que Jean Grey et sa bande arrivent et lui fassent voir les choses sous un autre angle. Avec Sub-Mariner qui cette fois assume son appartenance à l’équipe, X-Men Red #5 a l’avantage de finaliser le casting de l’équipe et par conséquent de la série. Mais sous couvert d’une action en apparence assez simpliste (un face à face avec l’armée polonaise, forcément vite vaincue), l’épisode est un bon exemple de tout ce que X-Men Red a à dire. Refondatrice de la Nation-X, Jean Grey pourrait en effet sembler ne rien faire d’autre que ce que Cyclops avait choisi avant elle, à l’époque d’Utopia ou même un peu avant sa mort avec ce même terme de Nation-X. Du coup, à l’instar du Scott Summers radicalisé des dernières années, Jean et ses X-Men Red pourraient sembler s’éloigner du rêve initial de Charles Xavier en créant un ghetto mutant de plus plutôt qu’un monde de cohabitation. Mais c’est là où la série est fine et revient aux fondamentaux de 1963, c’est à dire que l’autre n’est pas considéré comme l’ennemi en lui-même mais comme une victime de manipulations. En gros la sphère des comics aime à blanchir les héros victimes de lavage de cerveau mais n’est pas tendre quand il s’agît d’un figurant. Quand une Storm est manipulée, on nous dit dès la fin de la séquence que ce n’était pas sa faute. Quand c’est un individu lambda enrôlé dans les Sentinelles, on ne se pose pas la question. Il devient le plus souvent de la chair à canon. X-Men Red, au contraire, applique aux uns et aux autres la même empathie. Ce qu’on pardonne à Storm, on le pardonne aussi au quidam, avec cette idée que l’on n’arrête pas les manipulations et autre fake-news par un combat physique mais bien en leur opposant la Vérité.

« We’re going to crush the lies. We’re going to weaponize the truth. »

Le dessinateur Mahmud Asrar est en grande forme, ses personnages toujours très expressifs. Au point qu’un simple commentateur pro-mutant à la TV prendrait presque des airs d’une animation de Bill Plympton. Expressifs aussi, les Gambit et autres Honey Badger. Le seul, peut-être, qui échappe à cette façon de faire, c’est Namor, pourtant généralement extraverti. Mais peut-être aussi s’agit-il de montrer que Sub-Mariner, en étant plus en retenue, épouse la philosophie de Jean. Sous le premier degré, c’est donc un épisode porteur de l’esprit de toute la série. En revanche la scène finale, produite par Ed Brisson et Oscar Bazaldua vient un peu contrer l’effet, en nous teasant de manière très premier degré le crossover Extermination, un futur dans 20 ans, où tout s’écroule pour les mutants. Des futurs dysfonctionnels chez les X-Men, on en connait déjà treize à la douzaine et ce teaser ne semble pas apporter de valeur ajoutée. Ces dernières années, les séries X-Men démarrées avec les meilleures intentions se sont vautrées une fois passée le premier crossover. Espérons qu’Extermination n’aura pas le même effet sur Red.

[Xavier Fournier]
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