[FRENCH] Mike Carey est à la fête cette semaine puisque sortent au même moment X-Men: Manifest Destiny et ce numéro spécial consacré aux origines de The Beast (le Fauve pour les habitués à la VF). Comme toujours ce genre de projet à mi-chemin entre la version iconique du personnage et une mise à jour de ses origines est un peu bancal, surtout que dans le cas présent on se demande si Carey modifie des choses pour s’en servir plus tard dans sa série habituelle.Review X-Men Origins: Beast [Marvel] Scénario de Mike Carey
Dessins de J.K. Woodward
Sortie aux USA le 4 septembre 2008

Mike Carey s’est vu confié la tâche de nous re-raconter les origines de Hank McCoy dans ce nouveau spécial. Il s’inspire pour cela de ce qui avait été fait dans les années 60, à savoir que le jeune mutant devient célèbre grâce à ses prouesses sportives et se fait remarquer par un malfaiteur dénommé le Conquistador. En un sens l’origine du Fauve était l’une des plus kitsch des cinq X-Men originaux (talonnée il est vrai par celle d’Angel où il se fait passer pour un véritable chérubin descendu du ciel). Carey apporte non seulement de la modernité à l’ensemble mais il détaille un peu plus les motivations que pourrait avoir un criminel de se faire passer pour un conquistador, qui arrache même à ses propres hommes de main un rictus d’incrédulité.

Les dessins de J.K. Woodward ne déméritent pas mais partent avec un handicap venu de l’extérieur. Ce X-Men Origins ne sort que trois semaines après un autre (qui était consacré au début de Jean Grey), illustré par Mike Mayhew. Qu’on le veuille ou non on est poussé à faire la comparaison entre les deux et Mayhew en sort vainqueur. Woodward est moins réaliste, tend plus vers un certain impressionisme (cela dit cela conviendra plus à ceux qui craignent la peinture pratiquée de façon « photographique » façon Ross ou Mayhew). Mais ses couleurs sont plus ternes et manquent parfois un peu de pêche sur des scènes qui, pourtant en demanderaient. Ceci dit, je le disais, c’est avant tout une question de goût par rapport au style peint, ce n’est donc pas un obstacle insurmontable et Woodward en ravira sans doute certains.

Là où Carey s’éloigne un peu de l’origine canonique, c’est dans le détail des préparatifs de Charles Xavier une fois Hank recruté dans les rangs des X-Men. Délicat de savoir sur quel pied danser. Sommes-nous dans le même registre qu’un « Mythos: X-Men », avec des libertés prises et assumées, dans un contexte hors-continuité qui ne prétend pas remplacer le X-Men Vol.1 #1 de 1963. Est-ce le cas ici ? Je ne sais pas trop, à priori je dirais oui mais en même temps des vues renvoient au futur de Hank après les X-Men (comme par exemple son amitié avec Wonder Man, à la grande époque des Avengers). Si l’on est hors-continuité pourquoi ce clin d’œil à une époque précise des vengeurs ? Bizarre, bizarre. On verra bien dans les mois qui viennent si Mike Carey réutilise ces modifications dans X-Men: Legacy où ailleurs. Cela dit cela reste relativement proche de l’origine de base de the Beast pour être un numéro intéressant pour ceux qui désirent connaître la genèse de Hank mais ne voudraient pas se replonger dans les épisodes d’époques (qui ont mal vieillis).

[Xavier Fournier]