[FRENCH] Namor le Sub-Mariner est-il un mythe ou bien une réalité ? La réponse est bien connue des lecteurs de Marvel mais la question fait ardemment débat au sein de la communauté scientifique des années 50. Bien déterminé à prouver que Philip Marlowe n’était qu’un excentrique atteint de folie des profondeurs, le Dr. Stein embarque à bord d’un sous-marin pour explorer la fosse des Mariannes. L’éternel combat de la foi et de la science, 20.000 lieues sous les mers…

Sub-Mariner : The Depths #1
Scénario de Pete Milligan
Dessin de Esad Ribic
Sortie américaine le 4 septembre 2008

Peter Milligan et Esad Ribic s’attaquent donc au mythe de Namor, dans le cadre de la ligne Marvel Knights. Un détail qui a son importance puisque cette dernière est maintenant officiellement déconnectée de la continuité classique, offrant davantage de liberté à ses auteurs. Les deux artistes signent ici un premier numéro assez décompressé (c’est bien connu : quand on explore les profondeurs sous-marines, il faut y aller par paliers…), s’offrant même le luxe de se passer de cliffhanger. D’habitude, je ne suis pas trop client de ce genre de pratiques, suffisamment balisées par Bendis à mon goût. Mais force est de reconnaître qu’ici, la narration semble maîtrisée et ce premier numéro installe une véritable ambiance. Milligan s’y entend à faire monter la pression, à faire vivre le Marvelverse des années 50 autour de la « controverse Namor ». On se doute bien de la réponse à cette dernière mais on a réellement envie de croire le Pr. Stein, héraut de la science embarqué dans une quête qui, pourtant, le dépasse. Quand on considère que, encore de nos jours, les fosses sous-marines sont le dernier endroit inexploré de la planète, l’ensemble deviendrait presque crédible – et respire le pitch en vue d’une adaptation cinématographique.

D’ailleurs, je ne sais pas où en est ce projet, normalement porté par Chris Colombus, mais j’espère vivement que la direction artistique a mis Esad Ribic à contribution. Son style à l’aquarelle fait revivre les fifties avec classe. Depuis les moustaches des commanditaires de Stein jusqu’aux dirigeables qui arpentent le ciel de ce New York suranné, tout nous installe dans l’ambiance, et Milligan n’a besoin que d’une petite touche aux dialogues pour confirmer que nous sommes bien au temps du maccarthysme et de l’âge d’or de la science. Sous le pinceau de Ribic, l’univers semble tout droit sorti des pages de Jules Verne, et, loin d’anesthésier la narration, ses couleurs directes lui confèrent un aspect patiné et mythologique très bien senti. Il faut maintenant voir comment Milligan va dérouler son scénario et rentrer « in medias res » mais cette introduction met l’eau à la bouche !

[Antoine Maurel]