C’est le grand retour de Superman à la télé. Après de brefs passages dans les diverses crossovers du Arrowverse ces trois dernières années, Clark Kent et sa femme, Lois Lane, ont le droit à leur propre série. Et plutôt que de jouer sur la romance des deux reporters, c’est sur un aspect inédit (en tout cas à la télévision) que se concentre Greg Berlanti et son équipe : la vie de (super) parents. Un premier épisode qui survole tous les autres feuilletons DC.

« My most vivid memory is the day I met her »

Superman & Lois est la seconde série du Arrowverse a débarqué à l’antenne (après le retour de Batwoman) et ce dans un contexte épidémique étrange pour les productions actuelles. Tout comme sa consoeur, Superman & Lois réinvente son héros principal pour un nouveau départ. Ainsi, suite à la refonte post-Crisis, Clark Kent est toujours marié à Lois Lane mais ils ont deux fils adolescents, Jonathan et Jordan. Les garçons ne pourraient être plus différents : l’un est la star de son école, joueur de football émérite, bourreaux des coeurs, le second est introverti, sujet à des crises d’angoisse et suivi par un thérapeute. Deux événements majeurs vont venir bouleversés leurs vies. Une visite à Smallville va se révéler plus complexe que prévue. Comment gérer son rôle de père quand on doit empêcher un réacteur nucléaire d’exploser ? Quelle est la priorité : le monde ou sa famille ?

« Come on, Superman! »

Si les pilotes des séries TV ont un plus gros budget que les épisodes suivants, c’est un tout autre niveau ici. Les showrunners se sont rapprochés des designs d’un Man Of Steel pour rendre l’ensemble plus « cinématographique ». Des décors au cadrage, en passant par le traitement de l’image, tout est bien plus vendeur que les autres shows du Arrowverse. Visuellement, Superman & Lois se rapproche plus des récentes productions DC telles que Stargirl ou Titans que The Flash ou Supergirl. La délocalisation du récit de Metropolis à Smallville (en tout cas dans ce pilote) permet aux spectateurs de changer d’air et de ne pas voir les mêmes héros dans un milieu urbain très proche (car les séries DC sont toutes tournées à Vancouver). Superman n’est pas le centre d’attention dans cette aventure, mais il reste un élément clé. Ne vous attendez pas à des scènes d’action toutes les cinq minutes. En revanche, les moments où Superman entre en action sont bien plus intenses et peaufinées car elles se font rares.

« Am I a bad father? »

L’élément clé de Superman & Lois, c’est bien la famille et l’impact que peut avoir le rôle de Superman au sein du clan Kent. Tyler Hoechlin prouve qu’il est le bon choix pour incarner le double rôle de Clark/Superman. Ses quelques apparitions précédentes sur la CW avait montré qu’il était un bon Clark, empoté, maladroit… Ici, il a le petit plus révélant qu’il est un bon Superman. OK, il n’a pas la carrure d’un Henry Cavill ou Christopher Reeve ou encore Dean Cain dans Lois & Clark. Mais il a cette pureté et cette gentillesse qui font de Superman un être sympathique. Au contraire, en Clark Kent, il est plus taciturne et plus sérieux qu’auparavant. On sent le poids de la responsabilité sur ses épaules, celle du monde et celle de son rôle de père. Face à lui, Elizabeth Tulloch incarne une Lois inédite : une Lois maman. On sent un réel attachement pour ses enfants, tout en restant la journaliste bornée, toujours en quête de vérité. L’alchimie entre les deux est là. La petite mise au point sur leur histoire au début de l’épisode permet au spectateur de saisir le lien qui les unit. Jordan Elass et Alexander Garfin incarnent les deux fils de l’Homme d’Acier. Si au départ, on peut penser que ce duo d’adolescent sera un peu « casse gueule », il se révèle intéressant. Légèrement caricaturaux (l’un bien dans sa peau, l’autre anxieux), on apprend à voir que l’un et l’autre cache leur vraie nature. Leur relation fraternelle semble vraie. Des petites lignes de dialogues montrent qu’ils tiennent l’un à l’autre. Et quand la situation l’exige, on comprend qu’ils ne sont pas si opposés que ça.

« Cool costume! »

Le pilote est rempli d’allusion au monde de DC Comics. L’introduction s’amuse à résumer la vie du héros, et même si l’on connaît déjà les grandes lignes, les petites touches et clins d’oeil font mouches pour les fans des comics. Tout au long de l’épisode, on s’amusera à noter le noms de grands auteurs qui se sont illustrés sur Superman. Par contre, pour un projet issu des divers crossovers avec Flash, Batwoman, Arrow et Supergirl, aucune allusion n’est faite à ses personnages. Cela permet aux nouveaux spectateurs de rentrer pleinement dans le récit sans avoir à regarder presque dix ans de télévision. Jusqu’à la dernière minute, on se demande si Barry Allen ou J’onn J’onzz ne va pas débarquer pour annoncer une catastrophe. C’est une incarnation inédite d’un vilain bien connu qui pointe bout de son nez, relançant totalement l’intrigue.

 

Si Superman a du mal à s’imposer au cinéma, il revient en force à la télévision. Meilleurs décors, meilleurs jeux d’acteurs, meilleurs costumes, tout est là pour assurer le spectacle. Il faut juste espérer que, comme souvent avec les productions Berlanti, l’ensemble ne souffre pas d’une perte de qualité sur la durée.

[Pierre Bisson]

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