Le devoir de science de Superboy ne peut être tout à fait normal. Aussi c’est dans la Forteresse de Solitude que Jon assemble une sorte de fusée/drone/soucoupe volante. Mais au contact de la science de Krypton, ce bricolage va expédier Superman et son fils (sans oublier leur chien Krypto) vers un lieu bien connu de l’univers DC, faisant par la même occasion une énorme allusion à une série référence de l’éditeur.

Avant-Première VO: Review Superman #8Superman #8 [DC Comics]
Scénario de Peter Tomasi
Dessins de Patrick Gleason
Parution aux USA le mercredi 5 octobre 2016

Disons-le d’emblée, Superman #8 démarre un hommage à la mémoire de Darwyn Cooke, entre autres choses le scénariste et dessinateur de New Frontier. Aussi, à la faveur d’un « bug » assez incohérent du projet de science de Jon Kent, lui, son paternel et leur chien sont projeté à travers l’espace-temps. Ils se retrouvent sur une île mystérieuse envahie par les dinosaures. Tout lecteur de DC qui se respecte aura reconnu Dinosaur Island, l’équivalent DC de la Savage Land. Mais ce n’est pas la seule chose qu’ils trouvent. Les héros, explorant le lieu, tombent sur des épaves de l’armée américaine et sur des tombes énigmatiques. Que s’est-il passé exactement en ce lieu ? En fait, dans un scénario digne de Planetary, Superman et junior explorent les ruines d’une aventure passée, ruine que les lecteurs de New Frontier identifieront sans peine… C’est le lieu où les Losers ont livré leur dernier combat, dans la série de Cooke.

« There’s a body inside the bones of that T-Rex… »

Il y a quelque chose de louable et de touchant dans cette volonté d’honorer à la fois la mémoire et l’œuvre de Darwyn Cooke. L’ambition est là. Le résultat, lui, est plutôt inégal. D’abord il y a le fait que le style de Patrick Gleason est assez éloigné de celui de Cooke et que ce n’est pas tout à fait comme si un Tim Sale ou un Bruce Timm était aux commandes des dessins de cet épisodes. Ensuite, même si les monstres préhistoriques sont au rendez-vous, la notion de danger pour Superman, Superboy et Krypto est très relative puisqu’ils sont indestructibles. Malgré les bestioles, l’affaire tourne alors à la visite d’une île déserte, décorée de quelques tombes et squelettes qui sont autant d’énigmes pour les héros. Au premier degré, l’épisode peut donc être frustrant. Mais si l’on y réfléchit bien, ce sentiment d’absence, de vide, est sans doute ce qu’il convient de mettre en scène puisqu’il s’agit de faire un clin d’œil à un génie récemment disparu.

[Xavier Fournier]