Le Suicide Squad est rentré au bercail après avoir terminé sa première mission de l’ère Rebirth… mais aussi perdu un des membres les plus classiques/emblématiques de l’équipe. Mais Amanda Waller n’en a rien à faire. Tout ce qu’elle voit, c’est qu’elle a gagné un nouveau pion, en la personne d’un certain kryptonien.

Avant-Première VO: Review Suicide Squad #5Suicide Squad #5 [DC Comics]
Scénario de Rob Williams
Dessins de Jim Lee & Stephen Byrne
Parution aux USA le mercredi 26 octobre 2016

Les membres du Suicide Squad ne sont pas des anges, leurs superviseurs non plus. Si bien que lorsque l’équipe rentre à la prison, tout ce que Waller considère, malgré les mises en garde de Rick Flag, c’est qu’elle a en sa possession une prise de choix : le fameux Général Zod. Mais un Zod dont la taille est devenue gargantuesque après son séjour dans sa « boite ». Vu que le Suicide Squad actuel, pour « coller » avec l’esprit du film, fait référence aux « protocoles de Superman » on se dit quand même que Waller devrait réaliser qu’un kryptonien de six mètres de haut lui posera, un jour ou l’autre, un énorme problème. Au second degré, on se demande un peu quelle mouche pique Williams et Lee de changer ainsi Zod en colosse, alors que sa présence et sa dangerosité étaient déjà, en un sens, assez pour créer l’évènement. S’ils voulaient un gros costaud capable de tenir tête à un Superman, n’aurait-il pas été plus malin de ressusciter Wrath, le bad guy de Superman Unchained (qui pour le coup aurait servi à quelque chose). A moins que l’idée soit d’aller sur la piste de la fusion Zod/Doomsday vue dans Batman V Superman. Cette semaine, l’épisode est assez posé, avec comme maigre touche d’action un passage où Harley fait mine de toucher la « cellule » de Zod et où ses co-équipiers (en particulier de Deadshot) l’en empêche. Forcément, comme le segment principal, dessiné par Jim Lee, est plus court qu’un épisode-type, cela laisse peu d’espace pour gérer les personnages à un niveau personnel. Du coup Croc et June Moon ont droit à une double page laconique et Katana, encore et toujours, est renvoyée au second rang. Zod, même inerte, capte plus d’attention. Mais surtout Williams injecte le personnage de Hack, la chose étant soulignée par la back-up (dessinée par Stephen Byrne).

« Your Suicide Squad of criminal soldiers just brought the equivalent of a super-powered nuke back to american soil. »

On apprendra donc de Hack ses éléments constituants, c’est à dire pas seulement une admiration sans borne pour Harley Quinn mais aussi son passé, son cursus, de manière à lui donner une nature plus sérieuse que simplement une sorte de geekette qui semble s’amuser du contexte ambiant. Malgré les détours et allusions, à un point ou à un autre, à la stratégie ciné de DC/Warner, Rob Williams écrit globalement assez dans la lignée de John Ostrander. Mais il reste handicapé par la taille de l’épisode principal, qui fait que d’une part il n’a pas assez de place à accorder à tout le monde mais de l’autre, il est obligé de ménager des coups de théâtre plus « vite » que dans d’autres comics. Moralité, les choses sont régulièrement rushées et manquent de subtilité (ici, par exemple, la crise de nerfs apparentes de Rick Flag). Dommage que ce format compressé contraigne l’histoire…

[Xavier Fournier]