Avant-Première VO: Review Deathstroke #25

Deathstroke #25

Deathstroke semble s’être racheté. Le voici mentor paternaliste d’une équipe de jeunes héros qui comporte ses propres enfants. Mais du côté de la pègre de l’univers DC, un tel revirement n’est pas passé inaperçu. La Society, le syndicat des super-villains, n’apprécie pas l’idée que Deathstroke pourrait être « passé de l’autre côté ». Voici donc Slade Wilson jugé par ses pairs. Et quand vous avez le Riddler pour s’occuper de votre défense, ça sent le sapin…

Deathstroke #25Deathstroke #25 [DC Comics] Scénario de Christopher Priest
Dessins de Carlo Pagulayan
Parution aux USA le mercredi 1er novembre 2017

Dans les années 7O les « big two » nous régalaient avec des séries comme Secret Society of Super-Villains ou Super-Villains Team-Up, qui nous montraient ce que les méchants de service faisaient quand Superman, Batman ou les Fantastic Four n’étaient pas dans les parages. Plus proche de nous, le Wanted de Mark Millar et J.G. Jones ou même certains aspects d’Identity Crisis fonctionnaient sur la même recette. L’idée d’un épisode où les super-villains de DC prennent note du changement apparent de moralité de Deathstroke et décident de le juger « entre eux » fait aussi penser à une ancienne saga de Batman de 1977 « Where Were You On The Night Batman Was Killed? », où Two-Face semblait juger les ennemis du héros de Gotham. Là, à travers un jeu de flashback, l’épisode repose sur deux canaux distincts. Il y a d’un côté les illusions d’un Wilson torturé, qui nous en disent un peu sur son passé et sa complexité. Et puis il a le présent, où Christopher Priest s’amuse beaucoup avec la gouille de quelques bad guys (majeurs ou mineurs) de DC. Bon, ce n’est toujours très adroit. Par exemple, si Priest s’efforce de justicier la présence de Killer Frost, on en peut quand même balayer d’un revers de la main que juger Deathstroke parce qu’il fait le bien tandis qu’un membre de la Justice League of America est dans le jury est un brin… paradoxal. Malgré ses illogismes, cela n’empêche pas l’histoire d’être sympathique, cependant… Et puis à l’inverse des illogismes, voir Zoom en action en dehors de la série Flash donne à la Society un petit côté « Legion of Doom ».

« You were summoned by the Society weeks ago, yet failed to respond. »

Carlo Pagulayan fait une nouvelle fois preuve de sa capacité à produire des dessins réguliers. Consciemment ou fortuitement, ses dessins vont, eux aussi, un peu dans la direction d’un Rags Morales sur Identity Crisis. Encore que sur certaines pages le décor est minimaliste et doit plus à la couleur qu’au trait. On regrettera que Deathstroke s’en tire un peu « par accident » (encore que ce soit pour tomber de mal en pis) mais globalement Priest continue de placer ses pions et de nous décrire un anti-héros instable, menacé dans sa chair si ses ex-collègues le pensent devenus « bon » et dans son esprit si, au contraire, ces mêmes collègues voient en lui quelqu’un qui ne changera jamais. Bien que pas sans défaut, la série est prenante et tisse une toile qui donnera probablement encore mieux quand on la relira avec un peu de recul, un peu à l’image de ce que Priest a pu faire sur des titres comme Black Panther ou Quantum & Woody.

[Xavier Fournier]
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