Tandis que les Inhumans se servent des nouveaux pouvoirs de l’un des leurs pour neutraliser de façon pacifique certains X-Men, Cyclops, convaincu que l’éradication des mutants est une action consciente et déterminée, organise la résistance. En bref : chaque camp est convaincu de détenir la vérité et la tension dégénère. On nous a « promis » des morts, des révélations. Seront-ils (ou elles) au rendez-vous ?

Avant-Première VO: Review Death of X #3Death Of X #3 [Marvel Comics]
Scénario de Jeff Lemire, Charles Soule
Dessins d’Aaron Kuder, Javier Garron
Parution aux USA le mercredi 2 novembre 2016

Death of X #1 avait fait son petit effet en tuant d’emblée un mutant (un peu) connu (et encore pas vraiment un membre officiel des X-Men). On pouvait s’attendre à ce que les épisodes suivants de la minisérie taillent en pièce quelques autres personnages notables, sachant qu’à l’instant T des séries comme Extraordinary X-Men insinuent lourdement que cette séquence d’évènements a été meurtrière, en particulier pour les mutants. Mais non. On est ici dans une rivalité frontale entre X-Men et Inhumans mais à un moment où, malgré les déclarations d’intention, les deux camps en sont encore à aiguiser leurs armes. On va au clash, c’est certain, mais on n’y pas encore (enfin par tout à fait, en tout cas). Dans Death of X #2, les Inhumans plongeaient une partie des X-Men dans l’inconscience tandis qu’Emma Frost tentait d’obtenir le ralliement de Magneto. Dans une large mesure, on en est encore là cette fois-ci, avec des conséquences assez prévisibles. Mais ce n’est pas, loin s’en faut, le « grand ménage » qu’on laissait transparaître (en tout cas pas au #3, alors qu’il reste un épisode de DoX). Et si des lecteurs avaient pu s’énerver de voir mourir un mutant notable, si la série avait démarré très vite, on semble avoir atteint depuis le #2 une sorte de temporisation. Même si beaucoup de gens devaient/pouvaient être touchés ou sacrifiés dans l’épisode à venir, il n’en reste pas moins que Death of X #2-3 semble occuper l’espace sans véritablement faire avancer la chose. A comparer, dans le genre « sacrifice de mutants », X-Men: Deadly Genesis semblait avoir frappé plus vite et plus fort.

« Do not think you can manipulate me like the others, Emma »

Graphiquement, Aaron Kuder semble trouver ses marques. Il y a une évolution par rapport au premier numéro et, à sa manière et sans se renier, il y a quelque chose dans ces pages qui se place un peu à mi-chemin entre Nick Bradshaw et Frank Quitely. Il est à souhaiter que Marvel continuera de trouver à Kuder du travail dans la gamme mutante, où il semble prendre de plus en plus d’aise. Pour ce qui est du but de la minisérie, par contre, on est aussi dans un entre-deux mais là, pour le coup, l’expression est utilisée comme un mauvais point. On pouvait se dire que la série allait justifier la disparition d’une moitié des mutants notables. Et là, la fin est proche, on semble avoir finalement peu progressé dans la problématique, en dehors de quelques crêpages de chignon en mode « c’est toi qui a commencé, non c’est toi ». Ce qui fait que dans l’espace restreint qui reste, on commence à douter (au risque de se tromper, on verra) que les deux scénaristes aient vraiment le temps de gérer les choses. Est-ce que Death of X ne va pas droit vers une pirouette ou une grosse case d’explosion sans nuance, façon « voilà, vous les avez vos disparus, circulez… » ? Difficile à dire. Mais après avoir attendu quelques mois cette explication de l’état des mutants, il est dommage d’avoir la sensation que Soule et Lemire improvisent et sont déjà pressés de passer à autre chose. Avec la question « où sont passés les autres X-Men », il y avait de quoi faire un équivalent mutant du Black Hammer du même Lemire. Et là, ce n’est point le cas.

[Xavier Fournier]