Sur toutes les vies qu’il a dans la tête, Hawkman se passerait bien de celle qui a les commandes ces derniers temps. Le voici infecté par Sky Tyrant, sa version maléfique. Ses proches se réunissent pour lui venir en aide. Mais celui qui occupe le corps du héros ailé est bien décidé à exposer les secrets de Carter. Et s’il faut attaquer certains de ces amis, cela ne lui fait pas peur.

Hawkman #22Hawkman #22 (DC Comics)
Scénario de Robert Venditti
Dessin de Fernando Pasarin
Parution aux USA le mercredi 11 mars 2020

Depuis le lancement de l’actuelle série, Robert Venditti a entrepris une réappropriation de la mythologie d’Hawkman, quelque chose qui fait que le personnage peut désormais accéder à des pans entiers de son histoire. L’infection du personnage – désormais possédé par Sky Tyrant – est cependant un contre-coup du « Batman qui rit » et de Metal. On pourrait croire que l’idée vient en oblique et qu’elle peut compliquer les plans de Venditti. Mais il n’en est rien et au contraire le scénariste continue de « rassembler les jouets ». Puisque Carter est aux abonnés absents, se sont ses amis et alliés qui doivent se mobiliser dans l’espoir de lui venir en aide. Atom (Ray Palmer), Adam Strange (à la mode ces temps-ci) et Shayera sont donc au premier plan. Ce qui permet à l’auteur de normaliser non plus Hawkman mais bien ceux qui l’entourent. Il y a un moment digne de Rebirth (sans y être lié) qui fait que certaines relations se réaniment. Enfin, à condition que Sky Tyrant ne s’échappe pas et ne tue pas certains protagonistes d’ici-là.

« You shoot like an archeologist. »

Fernando Pasarin dessine cet épisode en faisant preuve d’une grande régularité, ce qui est moins évident qu’il y paraît puisque l’information passe surtout par le dialogue et que les scènes d’action sont principalement des explosions, parfois hors-champ. Son trait se fait précis mais les personnages ne sont pas figés pour autant, sans doute parce que l’artiste sait jouer avec la hauteur de point de vue. Il déplace sensiblement la caméra pour qu’on n’ait pas l’impression de s’ennuyer dans cet espace fermé. Seul petit bémol, les couvertures « normal » et « variant » (pas déshonorantes du tout par ailleurs) cohabitent peu avec le style de Pasarin et il est dommage que ce ne soit pas lui qui s’occupe aussi de ce point. Les ventes d’Hawkman étant ce qu’elles sont, on ne peut pas partir du principe que la série en encore de nombreux mois devant elle. Mais l’équipe créative actuelle semble bien partie pour donner à Hawkman ce qui lui manquait le plus. La réponse devrait se préciser dès le prochain numéro en tout cas.

[Xavier Fournier]