Cette semaine marque le dernier épisode de Arrow. La série qui a (re)lancé l’univers DC à la télévision s’achève sur une note tendre et joue à fond la carte de la nostalgie. Dans un monde post-Crisis, les choses ne sont pas si simples pour donner une conclusion à chacun des protagonistes. Alors, l’archer vert a-t-il mis dans le mille une dernière fois ? Attention, spoilers en vue !

Le spectre du héros

Oliver Queen (Stephen Amell) est mort. Il s’est sacrifié durant « Crisis » pour permettre à l’univers de renaître. C’est donc aux autres personnages de la série de conclure l’aventure Arrow. Du coup, John Diggle (Daid Ramsey) devient d’office le lien entre tout le monde. Réunis pour l’enterrement d’Ollie, ses amis vont devoir malgré tout une dernière fois enfiler leurs costumes pour sauver l’un des leurs. Du coup, comme un peu d’aide n’est pas de trop, Mia Queen (Katherine McNamara) fait un bon de 2040 à nos jours. Après tout, n’est-elle pas celle qu’on appelle Green Arrow à présent ?

Fuuuusiiiii….ooon !

Si Arrow n’est pas la première série à revenir depuis le crossover « Crisis », elle est l’une qui pose le plus de questions par rapport à cette nouvelle Terre surnommée « Earth-Prime ». Oliver est à l’origine de la version rénovée de la planète. Il a donc le loisir de choisir qui a le droit de vie ou de mort. C’est donc sans surprise (et sans spoilers, puisque les photos officielles l’ont montré) que sa mère, Moira Queen, (Susanna Thompson) n’a pas été tuée par Deathstroke durant la saison 2. D’autres proches d’Oliver sont également de retour. Mais il n’y a pas de vrai logique. Les scénaristes essaient de l’expliquer via une ligne de dialogue : « Il ne pouvait pas sauver ceux qui l’ont permis de devenir Green Arrow ». Du coup, il n’a pas pu empêcher le suicide de son père sur le radeau de survie. Mais pourquoi sa mère est-elle vivante ? Idem pour un autre ami proche d’Ollie ? Leurs sacrifices n’ont-il pas permis son évolution de justicier en héros ? Le personnage de Laurel Lance (Katie Cassidy) a aussi le droit à un drôle de traitement sur « Earth-Prime ». Depuis la semaine dernière, on sait qui elle est car l’épisode introduisant le concept du spin-off Green Arrow & the Canaries a lieu après l’enterrement. Laurel est donc l’incarnation de l’ex-Terre 2 qui existe depuis quelques saisons. La super-vilaine devenue super-héroïne au contact de Green Arrow et sa bande a toute sa place, tout simplement car il aurait délicat de la dégager après une telle évolution. Par contre, on ne comprend pas trop comment a vécu l’ancienne Laurel de Terre-1 dans ce remaniement. On nous explique qu’elle est morte, comme on n’a pu le voir dans la saison 4, mais qu’entre temps, elle a eu une vie amoureuse bien remplie. Pourquoi Olivier a-t-il préféré la tuer plutôt que de la faire cohabiter avec l’autre Laurel ? Un autre petit détail de continuité, ne pouvait-il pas redonner son bras à ce pauvre Roy Harper (Colton Haynes) en recréant l’univers ? Au moins, il a le droit à une fin heureuse avec Thea (Willa Holland).

« Vous avez trahi cette ville ! »

Si Stephen Amell est absent dans le présent, il est la vedette de la séquence flashback de cet épisode. Arrow revient à son découpage premier, à savoir quelques scènes du passé intercalées avec la trame actuelle. Les créateurs nous ramènent aux premier épisodes, quand Diggle s’interrogeait sur son partenariat avec Oliver. Ne pouvait-il pas faire autre chose que d’éliminer les personnes sur la liste de son père ? L’occasion pour le réalisateur de l’épisode et coordinateur des cascades, James Bamford, de revenir à des scènes d’action musclées et intensives, qui avaient charmé les spectateurs de la première heure. « Kapuchon » saute dans tous les sens, décoche des flèches à n’en plus finir et sème les cadavres sur sa route. Tout ça pour arrêter… John Byrne ? Un clins d’oeil des showrunners pour le mafieux de service, ce nom étant celui du scénariste/dessinateur historique de DC Comics, qui a relancé la version papier de Superman après Crisis. L’occasion de rappeler qu’au départ, Arrow était tout aussi violent que la série TV Daredevil durant les scènes d’action.

Ce n’est qu’un au revoir…

Arrow a donné lieu au « Arrowverse » (il va d’ailleurs peut-être falloir renommer cet univers partagé télévisuel ?) avec les spin-offs, The Flash, DC’s Legends of Tomorrow, Supergirl et Batwoman. La rentrée prochaine verra l’arrivée de Superman & Lois, une série basée sur le célèbre super-héros, son épouse et ses enfants. Si la création de la série dérivée avec Katherine McNamara et les canaries est encore en suspens, le « Arrowverse » a encore de beaux jours devant lui. On a donc du mal à croire qu’il en est fini de Arrow. Mais c’est bien le cas ! Pour autant, Marc Guggenheim et Beth Schwartz donnent des pistes sur la suite en donnant des destins différents aux compagnons d’armes d’Oliver. On devrait donc probablement les croiser dans les diverses séries à l’avenir (ne serait-ce que pour voir la surprise réservée à Diggle dans les dernière minutes…).

Après huit ans de bons et loyaux service, Green Arrow raccroche son costume vert. Il aura, en un sens, révolutionné le monde des super-héros à la télévision. Avant lui, ça faisait bien longtemps qu’on avait pas vu un super-héros en costume coloré sur le petit écran (Tom Welling n’ayant porté un semblant de costume de Superman pendant 10 secondes à la fin de Smallville). Son ton sombre et plus « adulte » a su attiré un public différent. Le succès grandissant d’Arrow a permis de lancer plusieurs nouveaux super-héros, chacun avec son propre ton (héroïque pour Flash, humoristique pour Legends…). Le reverra-t-on un jour sur le petit écran ? Dans un univers de terres parallèles et de voyage dans le temps, il suffit à Stephen Amell de passer un petit coup de fil aux showrunners quand il s’ennuie pour revenir. En tout cas, son héritage perdurera pendant encore longtemps.

[Pierre Bisson]