Puisqu’il faut sauver l’univers, Thor et Galactus ont convenu d’une alliance. Mais cette union implique de recharger les batteries du dévoreur de mondes. Et les deux êtres surpuissants ne sont pas franchement d’accord sur la manière de procéder. L’affrontement est immédiat…

Thor #2Thor #2 (Marvel Comics)
Scénario de Donny Cates
Dessin de Nic Klein
Parution aux USA le mercredi 29 janvier 2020

Il y a quelques semaines, Geoff Johns et Gary Frank achevaient Doomsday Clock en faisant allusion à des « Crisis à répétition », les auteurs glissaient une curieuse mention de personnages Marvel. Le délai trop court fait qu’on ne peut pas voir dans Thor #2 une sorte de réponse du berger çà la bergère. Mais on aurait voulu le faire exprès que cela ne serait pas mieux tombé : dans les premières scènes de ce numéro, Cates glisse un pied-de-nez appuyé aux surhommes de DC Comics et même à Darkseid. Si vous lisez le Justice League paru cette même semaine, la chose prend encore plus de relief. Mais ce n’est qu’une anecdote (plaisante) tandis que le nerf de l’épisode réside dans le face-à-face Thor/Galactus. Ceux deux-là se sont déjà croisés un grand nombre de fois depuis les années soixante mais pas dans ces positions, pas dans ces rôles. Si Thor n’a jamais été très ouvert à l’idée de voir Galactus manger des planètes entières, ses responsabilités actuelles font qu’il y est encore moins prêt. Les frictions sont donc immédiates et nous ramènent vers de grands chocs du Silver Age. Il y a un peu, dans l’esprit de cette fameuse couverture du Silver Surfer affrontant Thor, même si le héros bien connu qui fait face à Thor dans ce numéro est d’une autre trempe.

« They will cry and scream and pray for their gods to save them. »

Nic Klein avait proposé des pages énergiques dès le premier épisode et il ne décélère pas dans cette nouvelle livraison. Il y a du mouvement et de la densité, de la lourdeur quand le poing d’un géant explose. Klein fait un peu le lien avec le volume précédent de Thor tout en donnant ce Thor cosmique une personnalité propre, une présence. Si les expressions sont parfois un peu caricaturales, cela va dans le sens de l’énergie déployée. Peut-être ce côté expressif de Klein est-il un élément important pour mieux préparer le propos de Cates ou même le masquer. Car si on regarde bien le scénariste (entre les allusions cachées à Darkseid, la présence de Galactus et bien d’autres éléments) ne se contente pas de succéder à Jason Aaron mais semble aussi délimiter un hommage majeur à l’esprit de Jack Kirby.

[Xavier Fournier]