La Suicide Squad n’est plus sous l’autorité d’Amanda Waller. Et le nouveau taulier (au sens propre comme au figuré) a forcé l’équipe à intégrer un autre groupe, affronté dans l’épisode initial de ce nouveau volume. Chez « l’Escadron Suicide », on n’a jamais été des anges mais confier votre propre vie à des gens dont vous avez exterminé des proches une semaine plus tôt, cela donne une dynamique… plutôt explosive.

Suicide Squad #2Suicide Squad #2 (DC Comics)
Scénario de Tom Taylor
Dessin de Bruno Redondo
Parution aux USA le mercredi 29 janvier 2020

Les membres de la Suicide Squad sont de sacrées crapules, la lie de l’univers DC. Mais, d’une certaine manière, on sait à quoi s’attendre avec eux, qui est « bankable » et qui ne l’est pas. La preuve le mois dernier avec la parution de Suicide Squad #1, qui promettait de zigouiller la moitié de l’équipe. Et il ne fallait pas sortir de Saint-Cyr pour savoir que Deadshot, Harley et King Shark étaient relativement à l’abri. En injectant dans la série tout un ensemble de personnages nouveaux, Tom Taylor nous propose une Suicide Squad beaucoup moins prévisible. C’est ce nouvel état des choses qui se met en place dans ce deuxième numéro, avec le scénario qui joue à fond la carte du panier de crabes. Une habitude dans cette série d’assassins ? Oui mais rarement comme ici (John Ostrander avait essayé des choses de ce genre, avec Rustam et Ravan, dans les années 90, mais pas à cette échelle). Et si on serait, au demeurant, tenté de plaindre les « petits nouveaux » obligés de cohabiter avec Lawton et les autres, il s’avère vite qu’ils sont tous enfermés/coincés les uns avec les autres. Deadshot et Harley se retrouvent à faire équipe avec des personnages dont ils ne savent pas grand-chose, qui gèrent les affaires à leur manière et qui ont tout d’un « ennemi intérieur ». A moins que tout ce petit monde se ligue contre Lok, celui qui a remplacé Waller ? Ce qui est sûr c’est que malgré leur expérience, Harley Quinn et les autres ne mènent pas la danse. D’une page à l’autre on ne sait pas forcément qui va se prendre une balle dans la tête ou (c’est même l’amorce de l’épisode) qui tire la balle en question.

«As team bonding exercices go, eatin’ a coworker is pretty poor.»

Dans le premier numéro, Bruno Redondo dessinait la nouvelle héroïne, Osita, avec une ressemblance sidérante avec Gina Carano telle qu’elle apparait comme « Cara Dune » dans la série télévisée The Mandalorian (en fait la grosse différence se concentre sur un bras). Vus les délais, la ressemblance était forcément fortuite et elle est moins marquée cette fois-ci. Redondo cherche encore un peu ses marques sur les personnages les plus jeunes des « Révolutionnaires » mais il avance à grands pas. Le dessinateur a un trait propre, qui contraste de manière efficace avec la violence dépeinte. L’un dans l’autre, entre le dessin qui est très régulier et le scénario qui ne perd pas de temps pour établir les règles du jeu, on a, au terme de ce deuxième épisode, les tenants et les aboutissants de cette relance. La situation est intéressante et elle dépasse le « casting » des super-vilains utilisés. Lok, Osita et les autres peuvent se montrer instables et dangereux et on se demande vraiment de quel côté vont tomber les dominos à partir de maintenant.

[Xavier Fournier]