[FRENCH] Après la fin de Smallville, la chaîne CW se demandait quel super-héros allait remplacer l’Homme d’Acier. Après avoir annoncé le développement d’une série sur Deadman, c’est finalement Green Arrow qui a le droit à sa propre série. Le personnage repart à zéro et n’a aucun lien avec ses apparitions dans Smallville. Un feuilleton plus sombre, sans superpouvoir, mais cela fonctionne-t-il vraiment ?

Juger une nouvelle série TV par son pilote, c’est toujours assez délicat. Ce premier épisode sert en général d’introduction et donne le ton de la série. Les différents protagonistes sont présentés brièvement, car il faut garder le suspens pour le reste de la saison. C’est tout à fait le cas avec Arrow. Les spectateurs découvrent Oliver Queen. Tout commence par son retour à Starling City (oui, les créateurs n’ont pas choisi la Star City des comics…) après avoir passé cinq ans sur une île abandonnée. Il retrouve sa famille et ses amis qui ont appris à vivre sans lui. Il va devoir s’adapter à cette nouvelle situation, tout en exécutant son plan secret : reconstruire la ville qui est laissée aux mains de malfrats sans scrupules. Il va adopter l’identité d’Arrow (même si ce nom n’a apparaît pas encore dans la série).

LE CHEVALIER… VERT ?

On ne peut pas regarder ce pilote sans penser au Batman de Nolan. Certains passages sont même très proches de Batman Begins par exemple (notamment l’installation d’Oliver dans son quartier général). Mais, après tout, c’est une formule qui a fait ses preuves et l’adapter à Green Arrow est compréhensible. Dans les comics, le héros est un « sous Batman » à ses débuts : riches, playboy et sans pouvoir. Dans Arrow, l’ambiance est beaucoup plus sombre que dans Smallville. La CW cherche un public moins adolescent, même si leur marque de fabrique, le côté « soap », se fait sentir. Certains dialogues sonnent un peu creux, trop mélo.

HEROS OU MENACE ?

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, cet épisode montre peu l’évolution d’Oliver sur l’île (un petit « caméo » dans la première minute ravira les fans de comics). Les flashbacks seront une part importante dans les épisodes à venir. Une narration évoquant un peu Lost (qui a droit à une petite blague). Tous les personnages cachent quelque chose, ce qui promet beaucoup de bouleversements. Stephen Amell, l’interprète principal, est très convaincant dans son double rôle d’Oliver Queen/Arrow. Il joue à la perfection les différentes facettes du personnage. D’ailleurs, Oliver a un autre point commun avec Bruce Wayne : il est obligé de jouer au playboy pour cacher sa véritable personnalité. L’action est au rendez-vous et l’acteur n’a pas fait de la muscu pour rien. Certains fans tiqueront sur le fait qu’Arrow n’hésite pas à tuer pour protéger son secret. Mais après tout, dans les années 80, Green Arrow utilisait de vraies flèches contre ses ennemis…Les autres acteurs s’en tirent bien. Malheureusement, leurs personnages ne sont qu’effleurés. Ils ont tous un côté caché. Pour certains, c’est évident, pour d’autres (notamment grâce à des mimiques de jeu d’acteur grossières), on peut y penser en connaissant leurs homologues des comics.

DANS LE MILLE ?

Arrow est différent de Smallville. Ca c’est certain. Plus mature, la série nous offre un pilote plutôt bon. Il y a des points faibles, par exemple les effets spéciaux du crash du bateau des Queen. Ou encore, pourquoi les nouveaux héros préférent se noircir les yeux plutôt que d’opter pour un masque, plus pratique à enlever…? Mais les scènes d’action rythment l’ensemble et le casting a un bon potentiel. Encore une série qui risque de diviser l’opinion. À suivre donc…

[Pierre Bisson]

Arrow, disponible sur l’itune store US et Amazon Unbox.