Jeux Vidéo : X-Men Origins: Wolverine[FRENCH] C’est devenu une habitude : une adaptation cinématographique d’un comic-book engendre une version vidéoludique de la licence. Après Iron Man  et l’Incroyable Hulk l’année dernière, Wolverine débarque aujourd’hui sur toutes les consoles. Mais là où ses prédécesseurs avaient plusieurs faiblesses (à la fois sur le graphisme et la jouabilité), X-Men Origins : Wolverine se démarque du lot.

Pour commencer, nous devons souligner que nous avons pu tester la version Next-Gen (PS3 et Xbox 360) déconseillée au moins de 18 ans. Les versions Wii, PS2, PSP et DS ont été créées pour le grand public. C’est dans cette version « adulte » que notre héros aux griffes d’adamantium est au meilleur de sa forme.

Passé décomposé

Bien que le jeu soit basé sur le film éponyme, il n’en est pas un calque plan par plan. Tout commence dans la jungle. Logan y effectue une mission avec l’équipe du Colonel Stryker. Cependant, tout ne se passe pas comme prévu et l’équipe est séparée. Notre héros doit retrouver ses co-équipiers, et c’est là que les ennuis commencent… Cette mission étant un événement important dans la vie de Logan, les auteurs du jeu (dont le scénariste de comics Marc Guggenheim) l’ont divisée en plusieurs tableaux, éparpillés au fil du jeu. Ainsi, même après avoir reçu votre adamantium et tenté d’échapper à l’Arme X, vous aurez l’occasion de revivre des flashbacks de cette bataille.

Petits découpages entre ennemis

Les adversaires sont légion et le seul moyen de s’en sortir, c’est de trancher dans le vif du sujet, au sens propre du terme. Le sang « gicle » et les têtes tombent. Jamais Wolverine n’aura été aussi violent dans un jeu vidéo et c’est jouissif. Les développeurs de Raven Software ont tenu, avant tout, à respecter l’essence du personnage : à savoir un homme prêt à tout pour obtenir ce qu’il souhaite. Le gameplay inclut des techniques diverses et variées pour éventrer vos victimes, notamment le « lunge » : un système de visée, qui permet de se jeter sur l’ennemi. Ainsi, vous ne passez plus des heures à chercher le militaire qui vous canarde dans un coin. Mais le jeu n’est pas qu’un simple « beat them all ». Certains passages demanderont de la réflexion et de l’adresse. Eh oui, Logan joue aussi les Lara Croft mais a un avantage sur la belle archéologue de Tomb Raider : ses hyper-sens. Vous pourrez en effet compter sur ses sens développés pour vous guider, si vous bloquez. De plus, certaines phases d’action, comme une séance de tir à la mitraillette sur des bateaux, permettent de diversifier le gameplay.

Le meilleur dans votre partie (de jeu vidéo)

Au cours du jeu, vous avez aussi l’occasion de « customiser » votre personnage. Les points d’expérience gagnés débloquent de nouveaux combos et vous permettent de personnaliser les caractéristiques du héros (guérison, santé, rage, griffes…) à la manière d’un RPG. N’hésitez pas à farfouiller dans les recoins des niveaux pour trouver des gemmes de pouvoir ou des bonus cachés (comme des costumes issus des comics). L’autre point fort de ce soft réside dans les graphismes. Puisant dans les ressources des consoles nouvelles générations (et bénéficiant de délais de développement prolongés par le report en salles du film), Raven Software a voulu innover en mettant pleinement en scène le facteur auto-guérisseur de Logan. Ainsi, peu importe les coups que vous prendrez (que la peau de votre visage soit arrachée ou que vous ayez un trou dans le ventre), vous verrez votre personnage se régénérer en direct. Âmes sensibles s’abstenir…

Le gameplay souffre d’un seul gros défaut : la répétition. Après plusieurs heures de jeu, les hardcore gamers risquent de s’ennuyer un peu. Même si les variétés de coups permettent de diversifier un peu l’ensemble, quelques créatures géantes (un indice : l’un des tout premiers ennemis du mutant  griffu, des robots géants…) viennent nous gâcher le plaisir. Certes, elles sont plus difficiles à vaincre que les soldats de Stryker mais elles sont trop fréquentes dans l’histoire pour être exceptionnelles. Malgré tout, qu’on soit amateur de consoles ou de comics, ou les deux, on ne peut pas passer à côté de cette adaptation franchement réussie !

[Pierre Bisson]