Avant-Première VO : X-Men Forever #1[FRENCH] Ces 17 dernières années de continuité n’ont pas existé. Chris Claremont revient chez les X-Men pour raconter ce qui se serait passé s’il n’avait pas été débarqué du titre au début des années 90. X-Men Forever, c’est quelque chose à mi-chemin entre la réalité alternative et X-Men The End. Et finalement, ça aurait pu être pire…

X-Men Forever #1 [Marvel] Scénario de Chris Claremont
Dessin de Tom Grummett
Sortie américaine le 3 juin 2009

X-Men Forever #1Chris Claremont retrouve des X-Men « old school », ceux des années 90, juste après les événements qui avaient vus la mort supposée de Magneto. Et à partir de là, c’est un nouveau point de départ, une nouvelle continuité. Les X-Men se mettent à la recherche du responsable de la mort de Magneto, Fabian Cortez, dont ils savent finalement peu de chose (ironiquement le lecteur moderne n’est guère plus avancé car les motivations et les pouvoirs du personnage ont été tellement fluctuantes ces dernières années que ça n’a pas eu grand sens). Et le Cortez façon Claremont est bien plus dangereux que celui qu’on a pu voir dans la « réalité classique ». Du genre à pouvoir tenir tête aux X-Men à lui seul. Est-ce que X-Men Forever est véritablement les X-Men que Claremont aurait écrit si on l’avait laissé faire à l’époque ? Je ne le crois pas.

Certains rapprochements ou au contraire certains fossés entre divers héros me semblent un peu trop forcés, rapides, pour penser qu’ils se seraient vraiment déroulés de la sorte. Mais pour qui a en tête le run dessiné par Jim Lee après le départ de Claremont; il est certain qu’il y a un ressort du type « jeu des différences ». Par exemple l’équipe de Lee avait choisi de mettre en danger le couple Jean Grey/Scott Summers avec quelques références à Cyclops qui rêvait de Psylocke ? Ici c’est un scénario tout à fait différent – et pourtant similaire – qui se déroule. En ce qui concerne l’esthétique de X-Men Forever, par contre, il aurait sans doute fallu un dessinateur plus typé. Sans que son travail soit déshonorant, Tom Grummett dessine la série avec peu d’ombres, ce qui donne par moments un curieux effet « animated », à plus forte raison parce que la plupart des costumes sont raccords avec le cartoon X-Men des années 90. Même le logo de la série y participe et tout ça a parfois l’allure d’un comic-book dérivé du dessin animé de l’époque. Il n’empêche que je me lançais dans cette lecture en freinant des deux pieds, en m’attendant d’emblée à un naufrage du genre New Exiles et en définitive, s’il faudra voir à l’usage, c’est n’est pas ce qu’il y a de pire. A mon avis on ne lira pas X-Men Forever comme n’importe quelle série mais plutôt selon l’effet « jeu des différences » dont je parlais plus haut, un peu comme lors des premiers Ultimate X-Men. A prendre comme un exercice de style…

[Xavier Fournier]