Avant-Première VO: Review Uncanny Avengers #4[FRENCH] Les Uncanny Avengers sont toujours occupés à lutter contre une menace qui risque de ne laisser sur Terre que les Inhumans, éliminant humains de base comme mutants. Du coup l’équipe peut profiter de l’aide de Cable, tandis que Gerry Duggan recentre au final le groupe sur sa mission, tout en ramenant de manière inattendue un personnage que l’on pensait grillé pour un petit moment…

Uncanny Avengers #4Uncanny Avengers #4 [Marvel Comics] Scénario de Gerry Duggan
Dessins de Ryan Stegman
Parution aux USA le mercredi 13 janvier 2016

Depuis sa relance récente, Uncanny Avengers ne m’a pas semblé faire vraiment le job. C’est à dire qu’au jeu des comparaisons avec l’ère Remender, celle de Gerry Duggan s’est engagée via une composition fortuite et dénuée de raison d’exister, cannibalisée par la présence de Deadpool au point que dans sur les premiers numéros, cela pourrait aussi bien être « Deadpool & The Avengers » que ce les Uncanny Avengers étaient jusqu’ici. Néanmoins, en quelques épisodes, Duggan a fait preuve d’une véritable reprise en main d’une partie des personnages. Human Torch et Quicksilver, par exemple, sortent des rôles caricaturaux qui leur sont généralement réservés. Pietro n’est plus seulement ce type hautain qui se moque des petites gens, bien au contraire (encore que je serais curieux de voir Duggan réconcilier ça avec ses méfaits de l’époque Silent War/Son of M, pour lesquels il n’a jamais vraiment « payé »). L’injection de Cable contrebalance la présence de Deadpool et rééquilibre aussi un peu le casting d’une série qui, à la base, se doit d’être à mi-chemin entre la sphère des Avengers et celle des titres X de Marvel. Reste que sur Doctor Voodoo et Synapse, il y encore de la route à faire, même si on aura bien compris que dans le cas de cette dernière, l’arc qui s’achève tenait lieu d’origin story. N’empêche qu’elle manque encore de charisme et qu’on hésite encore à savoir pourquoi Rogers a proposé à cette Inhumaine là d’entrer dans le groupe plutôt que, par exemple, à un Triton. Manque de charisme, aussi, en ce qui concerne le bad guy de service qui, malgré son degré de dangerosité, n’en impose guère. Cependant il y a un vrai pas en avant, marqué par le fait que Duggan n’a pas oublié la raison d’être du groupe, au-delà d’unifier des factions différentes, une mission qui ne peut que justifier l’arrivée de Cable tout en rendant un sens à la série.

« If you’re gonna roll with the Avengers. You can’t be dropping bodies like this. »

S’il y a un mieux certain. Ou plutôt si l’on voit que Duggan au début, n’établissait qu’une base de départ avant d’aller vers ce qu’il veut vraiment raconter, le dessin de Ryan Stegman reste un problème, sans doute le principal d’ailleurs, puisqu’il fait basculer la chose dans la caricature, avec des personnages pas loin d’avoir les mêmes muscles que s’ils sortaient d’un Tex Avery. Les characters designs de Stegman aussi sont en cause, car les costumes de Quicksilver et Synapses font bien peu pour convaincre le lecteur. Tout comme l’apparence du bad guy. Ce n’est pas précisément une charge contre Stegman, qu’on a vu ailleurs sur des titres où il était plus à l’aise. Là, c’est comme s’il ne sentait pas les postures et carrures de certains persos. Donnez cet arc à Carlos Pacheco s’il est évident, par la force des choses, qu’il en sortirait quelque chose de différent, certains personnages fonctionneraient sans doute carrément mieux que ces silhouettes désarticulées, que la colorisation de Richard Isanove ne peut, à elle seule, rattraper. Pourtant au final, c’est plutôt le positif qui l’emporte, d’autant qu’avec le final, Duggan nous montre à quel point il recadre les choses dans la succession de Rick Remender, non seulement pour ce qui est de la mission de la série et du groupe mais pour l’intervention d’un personnage lié à Remender que je ne pensais pas revoir de sitôt. Du coup l’intérêt est réellement piqué. En espérant que rapidement la série trouve un autre niveau graphique.

[Xavier Fournier]