Avant-Première VO: Review Swamp Thing #40[FRENCH] Swamp Thing a surtout cultivé les ennemis. Et alors que la Reine des Machines utilise divers avatars contre lui, le monstre vert doit sauver le monde végétal… en ouvrant les vannes à des esprits qu’il avait lui-même emprisonné. Est-ce que pour autant les « Swamp Things du passé » sauront lui pardonner et se ranger sous ses ordres ? Et dans le cas contraire, où se cacher ? La fin d’une ère…

Swamp Thing #40Swamp Thing #40 [DC Comics] Scénario de Charles Soule
Dessins de Jesus Saiz & Javier Pina
Parution aux USA le mercredi 4 mars 2015

Il m’est difficile de ne pas rapprocher Swamp Thing #40 du récent dernier épisode d’All-New Invaders. Au demeurant, les personnages et les auteurs n’ont absolument rien en commun. Mais alors absolument rien… si ce n’est que dans les deux cas, il s’agît des derniers numéros des séries concernées que se pose la problématique du baisser de rideau. Soyons équitables, il est certain que Charles Soule, sur son Swamp Thing, avait quelques mois pour se retourner. Monopolisé par son contrat avec Marvel, il avait de toute manière fait le choix de partir à brève échéance. Mais on sent bien qu’il n’aurait pas rechigné de pouvoir s’étaler sur deux ou trois mois de plus (le raccourci de la scène de bataille, une fois passé le séjour dans la librairie, en témoigne). Comme James Robinson, Soule doit donc éteindre la lumière alors qu’il avait encore, manifestement, des idées. Mais Swamp Thing #40 est autrement plus élégant, plus virtuose. Des idées non exprimées ? Soule en fait son cheval de bataille, pousse le principe jusqu’au premier degré pour donner un épisode de fin de run qui, à mon avis, peut se ranger non seulement à côté du dernier numéro du Animal Man par Grant Morrison (la filiation est évidente) mais aussi du Incredible Hulk marquant le départ de Peter David ou de l’ultime Green Lantern par Geoff Johns. Swamp Thing a moins de lecteurs que tout ce beau monde, son chant du cygne a donc toutes les chances de passer plus inaperçu. Mais la qualité est là.

L’autre garant de la qualité de ce run, c’est le tandem Saiz & Pina, qui aura donné à la présence de Soule une unité visuelle, une tonalité qui fait que maintenant que l’histoire est dite, on peut se retourner sur son ensemble et la redécouvrir sans saute d’ambiance ou d’atmosphère. Les créateurs font le ménage dans les avatars et les éléments en y allant parfois au bazooka en l’espace de deux pages mais en alternant avec des choses beaucoup plus délicates (le sort ultime de l’avatar des machines, branché et mis en garde, vaut le détour). Ce qui est dommage, dans l’histoire, c’est que la série s’arrête et que DC Comics, sur le long terme, semble incapable de faire vivre son « vertigo corner » au sein de son univers super-héroïque. J’avais apprécié le Swamp Thing de Snyder et Paquette, hélas saboté par un crossover trop long avec Animal Man et des changements intempestifs de dessinateurs. Mais le run Soule/Saiz/Pina est sans doute l’une des incarnations les meilleures de la créature marécageuse depuis les années 80. Si vous êtes passé à côté, guettez la sortie d’un TPB.

[Xavier Fournier]