Avant-Première VO: Review Squadron Supreme #2[FRENCH] Après leur premier coup d’éclat, le nouveau Squadron Supreme marque un peu le pas. C’est l’occasion pour découvrir un peu mieux les membres de cette « non-équipe », réunis par les circonstances mais qui sont loin d’être réellement complices. James Robinson et Leonard Kirk nous donnent la mesure des personnages, en particulier Batm… euh Nighthawk !

Squadron Supreme #2Squadron Supreme #2 [Marvel Comics] Scénario de James Robinson
Dessins de Leonard Kirk
Parution aux USA le mercredi 30 décembre 2015

Marvel met visiblement le paquet (à voir cette couverture et celle à venir) sur le meurtre de Namor dans l’espoir d’imposer la nouvelle série du Squadron Supreme. Trop, peut-être, pour penser que la chose va rester dans l’état. Mais pour l’instant ce n’est pas le souci des auteurs qui, après ce choc initial, installent maintenant à des degrés divers les individus qui composent le groupe. Dans cette bande, le Nighthawk de Supreme Power brille littéralement comme une star… Et James Robinson s’amuse bien plus avec les archétypes de Batman qu’il pouvait le faire dans Earth 2. Lâchez un pseudo-Bruce Wayne dans un univers qui en est dépourvu et il ne tardera pas de prendre les commandes. C’est même un peu le problème (à l’intérieur du récit) des autres membres qui, entre le côté « laissez, je vais le faire » de Nighthawk et un Hyperion assez contemplatif, se retrouvent un peu laissés à eux-mêmes. Mais c’est aussi, scénaristiquement, un bon moyen pour en découvrir un peu plus sur eux et leur degré d’attachement à leur nouveau monde d’adoption.

« I don’t blame any of us for trying to find out for themselves what makes this terrible world we’re stuck on worth protecting.« 

Si c’est une discussion entre Doctor Spectrum et Blur qui donne de l’âme à cet épisode, tout en nous faisant mieux comprendre la manière dont les cinq héros fonctionnent. D’ailleurs je me demande à quel point Robinson ne calque pas le comportement de chacun sur les fameux cinq stades du deuil (le déni, la colère, l’acceptation…). Inversement le passage sur Power Princess est bref mais riche en mystère… et l’on peut se demander réellement si l’on connait si bien cette version de Zarda, tout en récoltant au passage une guest-star inattendue de plus. Le travail de Leonard Kirk est un peu plus « sketchy » qu’à l’habitude (ou bien est-ce l’étape de l’encrage qui est différente) mais pas désagréable, tandis que visiblement Robinson semble parti pour tisser des liens avec l’univers Marvel dans un peu toutes les directions, en plus des deux personnages qui épiaient déjà le Squadron dans le numéro précédent. Seul bémol, le fait de finir pratiquement sur le même cliffhanger que la dernière fois, avec l’autre groupe lancé à leur poursuite, ce qui émousse un peu l’effet (alors que les mêmes scènes dans un autre ordre, par exemple finir sur Zarda, auraient été plus percutantes). Mais cela reste une série intéressante, avec des personnages qui inventent leurs propres règles du jeu et qui sont, du coup, imprévisibles.

[Xavier Fournier]