Avant-Première VO: Review Guardians 3000 #6[FRENCH] Six numéros plus tard, les Gardiens de la Galaxie se débrouillent enfin pour remonter jusqu’à l’ère présente. Malheureusement le scénario confus de Dan Abnett ne vas pas en s’arrangeant (reposant sur le mauvais personnage) et les dessins consistent en un service minimum. Le capital sympathie qu’on pouvait avoir pour la série fond comme neige au soleil. Est-ce qu’il reste quelque chose à fondre à ce stade-là, d’ailleurs ?

Guardians 3000 #6Guardians 3000 #6 [Marvel Comics] Scénario de Dan Abnett
Dessins de Nico Leon
Parution aux USA le mercredi 25 mars 2015

Glissements de temps et variations des Gardiens de la Galaxie, Dan Abnett surfe sur une idée très proche d’un des derniers arcs de sa série Guardians of the Galaxy d’il y a quelques années en arrière. Un des problèmes, c’est le focus. Si on compare à cette saga précédente, un noyau des Gardiens du présent dérivait dans le futur. Mais ils étaient centraux, ils étaient les témoins principaux de l’histoire. A mon sens Abnett fait une erreur en faisant de Geena Drake sa pierre de touche. C’est un nouveau personnage qu’on nous à peine présenté, qui se retrouve à être le seul élément stable tandis que les Gardiens sont « rebootés » autour d’elle. Il y a un vrai moment fort dans l’épisode, la confrontation avec « The Hunger » (je ne sais même pas pourquoi on s’est donné la peine de lui changer son nom tellement c’était évident). Mais pendant ce temps les « vrais » Gardiens sont immobiles, dépassés. S’en suit un voyage temporel et une nécessaire rencontre. Mais les personnages qui devraient se souvenir les uns des autres et puis finalement non mais si… tout cela est laborieux au possible. Au final on se retrouve avec trois tranches des Gardiens (avec deux futurs différents) sans avoir grande satisfaction. Et ce n’est pas l’omniprésence d’A-Sentience qui va arranger les choses.

A ce niveau, la couverture d’Alex Ross est presque cruelle, tant l’illustrateur redonne vie, lui, aux Gardiens canoniques. Pas de Starhawk changé(e), pas de Nikki transformée en on ne sait pas quoi, pas de Geena Drake. Mais celui qui prendrait cette série pour les Gardiens « canal historique » a depuis quelques épisodes toutes les raisons de déchanter, contrairement à l’impression laissée par le premier numéro. Et je ne pense pas qu’un newbie, à l’inverse, se sente bien dans cette série bourrée de paradoxes. Cette fois, en prime, le dessin de Nico Leon vole bas. En dehors de la confrontation avec The Hunger (où il est vrai que le rapport de taille, qui semble inspiré à fond par le Surfer de Lee/Moebius) qui a un peu d’envergure, le reste sent les affaires courantes expédiées à la va vite. Visiblement l’équipe est déjà dans la préparation de Secret Wars. En six épisodes, la baudruche s’est salement dégonflée… Au contraire de la déception qui, seule, demeure.

[Xavier Fournier]