Avant-Première VO: Review Grimm #1[FRENCH] Grimm arrive chez Dynamite. Les aventures du détective Nick Burkhardt migrent de la télévision à la BD avec une particularité par rapport à beaucoup d’autres séries TV réincarnées ces derniers temps : il ne s’agit pas d’une saison supplémentaire qui permettrait de continuer l’histoire puisque Grimm est encore en activité. Mais les auteurs jouent la carte de la haute-fidélité…

Grimm #1Grimm #1 [Dynamite] Scénario de Jim Kouf, David Greenwalt, Marc Gaffen et Kyle McVey
Dessin de José Malaga
Parution aux USA le mercredi 8 mai 2013

Fans de la série Grimm, la voici qui devient un comic-book d’emblée très raccord avec les événements de la version TV (on peut voir à quelques éléments que la BD se déroule en parallèle de la saison 2, donc attention spoilers à ceux qui n’en seraient pas là). Au point d’ailleurs que cette adaptation de Grimm n’est pas forcément à conseiller au néophyte, tellement on commence de manière directe. Il y a bien certaines pages explicatives mais fondamentalement tout ça fonctionne bien mieux si on connaît d’emblée les personnages. Au menu ? Un élément qui a occupé plusieurs épisodes du feuilleton : Les sinistres pièces de Zakouski, jusqu’ici en possession de la mère de Rick, sont peut-être tombées dans de mauvaises mains. Et Mme Burkhardt disparaît dans la foulée, obligeant Rick et ses alliés les plus proches à voyager jusqu’à Vienne, en Autriche, pour mener l’enquête. L’Europe est souvent mentionnée dans le feuilleton et c’est l’endroit d’où les « Royals » lancent leurs attaques. Mais Rick et sa clique ne s’y sont jamais rendu dans le contexte télévisé et on est un peu surpris que d’emblée le comic-book aille si loin dans la mythologie du show. Les pièces de Zakinthos sont les talismans les plus mémorables de la série. Et la nature exacte de ce qui se passe à Vienne ou les rares mentions de la mère forment des mystères qu’on s’attendait plus à voir réservé au petit écran. Ce qui fait qu’à la longue, comme les deux versions jouent la carte de l’univers partagé, on se demande comment le show d’origine va intégrer (ou pas ?) ce que pourrait nous révéler la BD.

La problématique avec ce genre de produits dérivés c’est que souvent les acteurs ne cèdent les droits de leur image (en dehors de couvertures photos), ce qui fait que le dessinateur des pages intérieures doit souvent ménager la chèvre et le chou, essayer de retranscrire l’ambiance d’origine sans pouvoir toutefois aller trop loin dans la ressemblance avec les personnes physiques. Et José Malaga n’est pas non plus un peu un dessinateur d’une nervosité sans bornes. Il fait clairement ce qu’il peut pour représenter certaines des créatures propres au show mais on reste rêveur en se demandant ce que donnerait la BD si dynamite avait eu l’idée d’aller chercher certains dessinateurs « sombres » comme Guy Davis ou Ryan Sook. On pourrait alors avoir quelque chose du niveau d’un BPRD. Car le scénario (écrit à quatre auteurs, dans la tradition de ce qui se fait pour le show) ne cède rien et semble assez ambitieux. Il reste un ton graphique à trouver mais Grimm, le comic-book, est bien moins monotone qu’on pouvait s’y attendre. Seule petite faute de goût à mon avis, l’intégration d’un nouveau personnage féminin qui, par la force des choses donne un peu plus l’impression d’une tueuse échappée de Buffy que d’un perso secondaire de Grimm…

[Xavier Fournier]