[FRENCH] Ali Baba devait trouver le véritable amour en embrassant une belle endormie. L’ennui c’est que dans le doute il en a embrassé plusieurs et qu’il a réveillé ainsi la très dangereuse Reine des Neiges. Ne reste plus qu’à prendre la fuite avec l’autre jolie fille qui, par élimination, doit être la promise idéale. Sauf que la vie n’est pas un conte de fées…

Fairest #2 [Vertigo/DC Comics] Scénario de Bill Willingham
Dessin de Phil Jimenez
Sortie aux USA le mercredi 4 avril 2012

Arrivé à ce deuxième épisode on mesure beaucoup la tonalité de cette nouvelle extension de l’univers de Fables. Et, comme je l’évoquais déjà dans une précédente critique, on est bien loin du « Desesperate Housewives des princesses » que certains avaient cru percevoir dans les (par ailleurs très jolies) couvertures d’Adam Hughes. Non, cette fois c’est manifeste : Si on devait jouer au jeu des comparaisons avec Fairest, c’est à… Shreck qu’il faudrait la comparer (mais bien entendu un Shreck pour un public plus mature). Et pas seulement parce que les deux se présentent comme une relecture des contes de fées mais bien en raison d’une certaine dynamique de groupe. A l’évidence l’Ali Baba de Bill Willingham n’a rien à voir avec un ogre vert et obèse. Mais si on regarde de près les relations d’Ali avec son génie trop bavard, il y a quelques chose de la dynamique entre Shreck et son âne. Et, ici aussi, la princesse n’est pas forcément aussi naïve qu’on pourrait le croire. Il n’y a qu’à voir les conditions de leur « camping » dans les glaces.

Fairest #2 se lit vite car l’épisode se résume en fait à une séquence de fuite, de camouflage puis de confrontation. En dehors d’un flashback, l’unité de narration fait qu’on aurait l’impression de lire la chose à la vitesse « Grand V »… S’il n’y avait pas cet important élément de comédie propre à Willingham. Fairest, du coup, se lit avec plaisir. Le recrutement de l’excellent Phil Jimenez aux dessins a été également une merveilleuse idée (en tout cas à mon sens) pour donner à cette série une personnalité propre à l’intérieur du monde de Fables. Bref, ce deuxième numéro transforme l’essai du premier et Fairest s’installe comme un rendez-vous à la fois drôle et trépidant… On en redemande !

[Xavier Fournier]