Avant-Première VO: Review Django/Zorro #1[FRENCH] Vertigo et Dynamite s’allient pour donner lieu à une rencontre étonnante. Django (le héros de Tarantino) face à face avec… Zorro. Et contre toute attente le projet est moins iconoclaste qu’on pouvait le craindre. Les deux grandes figures sont respectées et la chose passe de manière très naturelle.

Django/Zorro #1Django/Zorro #1 [Vertigo/Dynamite Comics] Scénario de Quentin Tarantino & Matt Wagner
Dessin de Esteve Polls
Parution aux USA le mercredi 12 novembre 2014

Dynamite ne manque pas de crossovers capillotractés où l’on réunit deux licences qui n’ont rien à voir, parfois de manière très forcée. Mais cette fois rien de cela. Django (Django Unchained) et Zorro sont deux personnages qui vont finalement très bien ensemble et pas seulement parce qu’ils appartiennent tous les deux à l’univers des westerns. Dès les premières pages la chose coule de source. D’un part il y a Django. Un Django qui ne déboule pas de nulle part. On est clairement dans une suite des événements du film (et donc de la minisérie publiée par Vertigo). Mais (à mon humble avis) on se souviendra que Django Unchained fonctionnait clairement mieux tant que Django a le docteur King Schultz (joué par Christoph Waltz à l’écran) comme mentor. La trouvaille des scénaristes, ici, c’est de profiter de la différence d’époque entre les exploits de Zorro et ceux de Django. Moralité, Django croise un Don Diego vieillissant, qui continue de maintenir la façade du précieux délicat. L’alchimie est immédiate: Diego remplace Schultz à merveille…

Ce n’est pas n’importe quelle version de Don Diego non plus. Même si cela n’a rien d’officiel, Esteve Polls donne au personnage les traits d’un vieux Guy Williams (Don Diego/Zorro dans le feuilleton version Disney de 1957). Même s’il a des rides en plus, le Don Diego de Polls dégage donc rapidement quelque chose d’iconique. On notera que je parle ici avant tout de Diego et pas de Zorro à proprement parler, qui ne fait pas réellement partie de ce premier épisode (il viendra par la suite, sans doute), contrairement à ce que montre la couverture. Mais qu’importe car l’atmosphère mystique est là. Et quand Don Diego joue de l’épée, on n’est pas sans imaginer un bruitage bien particulier. Franchement, ce crossover qui respecte l’essence des deux personnages (même si l’un d’eux est plus âgé) est une bonne surprise. D’autant que les pages intérieurs de Polls tiennent la route, ce qui n’est pas toujours une habitude chez Dynamite. Une minisérie à suivre donc, même s’il manque peut-être un peu de l’humour propre à Tarantino.

[Xavier Fournier]