[FRENCH] Depuis juste avant Captain America Reborn, la série régulière liée au personnage avait perdu un peu de son éclat. Etait-ce à cause du retour prévisible du premier porteur du bouclier ? Ou bien peut-être qu’à force de menacer et de grimacer le Red Skull commençait à s’user ? Avec l’entrée en scène du Baron Zemo Brubaker s’est trouvé un autre vilain machiavélique, qui redonne un coup de sang à la série.

Captain America #607 [Marvel] Écrit par Ed Brubaker
Dessins de Mitch Breitweiser
Sortie aux USA le mercredi 30 juin 2010

Après un attentat qui a mis le Falcon hors-service, Captain America n’a qu’une hâte: attendre que la drogue qu’on lui a innoculé cesse de faire son effet. Seulement voilà, le Baron Zemo et ses sbires sont bien décidés à ne lui laisser aucun répit et à continuer à frapper fort. Dans le rôle du super-villain qui a toujours un tour d’avance, le Baron Zemo version Brubaker me fait sérieusement penser à ce que le même scénariste a pu faire avec Lady Bullseye dans la série Daredevil. Non pas qu’il y ait véritablement sentiment de redite mais Zemo arrive neuf et efficace… Je ne l’ai pas vu comme cela depuis des années, sans doute pas depuis que Kurt Busiek a cessé de l’écrire dans les pages de Thunderbolts (oui, la version Nicieza était sympa aussi – encore que la mini consacrée à Zemo diluait le personnage – mais ce n’est pas le sujet du jour). Avec un Bucky non seulement vivant mais devenu Captain America, le Baron Zemo retrouve une chose qui lui manquait depuis des années : une raison d’agir, de combattre, de frapper.

L’arrivée d’un personnage évoquant beaucoup une version féminine d’un autre membre fondateur des Thunderbolts me fait me demander, également, si on n’est pas sur le point de voir arriver toute une autre génération des Masters of Evil qui viendraient s’attaquer à Bucky. En tout cas j’espère bien que Brubaker ne va pas s’essoufler d’ici la fin car Zemo renoue ainsi avec une certaine détermination et ça lui va plutôt bien. De quoi avoir l’envie de le voir jouer à nouveau le trouble-fête dans dans d’autres séries Marvel maintenant qu’un bon nombre de bad guys ont perdu du prestige à l’issue de Dark Reign et de Siege. C’est en tout cas clairement mieux dirigé que l’arc récent sur le Cap des 50’s et la série Captain America reprend sacrément du poil de la bête. A noter aussi l’intervention de Mitch Mitch Breitweiser qui passe avec finesse aux dessins de la série, sans en trahir l’ambiance, avec une transition naturelle… Du bon Cap, à tous les niveaux…

[Xavier Fournier]