[FRENCH] 600 numéros ça s’arrose, surtout quand il s’agit de célébrer la plus longue série de BD américaine consacrée à une femme. Et un retour à la numérotation classique s’imposait pour tirer un trait sur le volume précédent qui, malgré le talent de Gail Simone, ne se sera jamais totalement remis des erreurs de gestion de la période post-Infinite Crisis. Ce 600ème numéro était également attendu pour savoir à quelle sauce la belle amazone serait « cuisinée » par JMS dans l’avenir…

Wonder Woman #600 [DC Comics] Écrit par Gail Simone, Geoff Johns, J.M. Straczynski, Amanda Conner, Louis Simonson
Dessins de George Perez, Amanda Conner, Eduardo Pansica, Scott Kolins, Don Kramer et plus…
Sortie aux USA le mercredi 30 juin 2010

Après un Batman #700 où Grant Morrison continuait de mener sa barque, Superman #700 avait un peu l’effet d’une douche froide tant l’intemporalité du numéro et le peu d’éléments donnés quand au run futur de JMS sur le titre donnaient l’impression d’un fill-in sur lequel on avait collé un gros numéro pour en faire, de façon purement artificielle, un collector. Dans quelle catégorie se place Wonder Woman #600. D’emblée dans la case du « bon » (encore, bien sûr, que le postulat de départ soit que la princesse amazone vous intéresse). Malgré la cohorte de scénaristes, il y a un fil directeur dans ce numéro qui est de montrer la place que l’héroïne occupe dans l’univers DC. Dès les premières pages on est mis à l’aise de ce côté-là par un George Perez indissociable du personnage (et inversement) qui plonge Diana au centre d’une foule de super-héroïne. Amanda Conner profite de l’occasion pour signer ce qui peut passer pour un épilogue de son run sur Power Girl mais qui n’est pas pour autant « hors sujet » puisqu’il repose sur un pouvoir de Wonder Woman que les auteurs oublient souvent.

Les segments écrits par Louise Simonson et Geoff Johns sont moins dynamiques (je comprends ce qu’a voulu faire Simonson en réunissant encore WW et Superman mais le choix du villain me parait peu inspiré). Les pages de Johns et Kolins, surtout, forment un résumé qui me parait surtout motivé par l’envie de l’éditeur d’avoir ces noms « bankables » au générique. C’est assurément le « ventre mou » du numéro mais pour autant ça ne défigure pas l’ensemble, qui est d’ailleurs parsemé d’illustrations dans l’ensemble assez belles, dans le genre pin-up. Enfin vient le passage réalisé par J.M. Straczynski et Don Kramer et là, contrairement à ce qui se passait pour Superman, on a une idée claire du ton qui sera employé à partir de Wonder Woman #601, avec changement de costume à venir. Je ne sais pas si cette orientation conviendra à tout le monde mais j’y vois une petite intonation commune avec ce que le scénariste avait pu faire sur certains éléments de Supreme Power (seule faute de goût, à mon sens, un juron que je ne m’attends pas à trouver dans la bouche de l’héroïne). Mais tout ça est cohérent et donne vraiment la sensation d’un plan. Ce #600 est marque donc bien le jalon entre le passé de l’héroïne et un run à venir qui promet des changements. Nous verrons en temps utile ce que vaudront les futurs épisodes mais en tout cas celui-ci est riche, intéressant et intriguant.

[Xavier Fournier]