[FRENCH] L’ultime numéro de Batman, Inc. s’achève sur un numéro qui vise à regarder le futur. Réalités virtuelles et graphismes assistés par ordinateur représentent l’essentiel de cette histoire… qui est cependant assez rétrograde dans son approche. On se croirait dans le film « le Cobaye »… qui ne date pourtant pas d’hier !

Batman, Inc. #8 [DC Comics] Scénario de Grant Morrison
Dessins de Scott Clark
Sorti aux USA le mercredi 24 août 2011

Depuis son retour Bruce Wayne bossait sur un projet perso : Internet 3.0, qui est révélé dans ce numéro et qui donne lieu à un dessin voulant la jouer « computer graphics ». Et c’est déjà le premier problème car même si j’avais bien aimé le Batman Digital Justice de Pepe Moreno (et d’ailleurs on trouve ici plusieurs allusions à cet album), « DJ » a plusieurs décennies dans la figure et les poses figées utilisées ici semblent sortie d’un jeu vidéo de 2002. Pour un projet « futuriste », la vision de Wayne est curieusement ringarde et débarque des années après Second Life. Mais il est vrai que c’est souvent un problème rencontré par les comics quand il s’agit d’évoquer l’évolution technologique future (on se souviendra de 2099 où les persos utilisaient des CD…). L’ordinateur et la palette graphique font désormais partie du quotidien de la plupart des artistes de comics et il est curieux que les visuels fassent si datés que çà. Mais honnêtement il n’y a pas que les visuels et je suis surpris que le scénariste des Invisibles n’arrive pas à imaginer quelque chose de plus révolutionnaire que ça.

Celà ne veut pas dire pour autant que le lecteur ne trouve pas ici quelques pépites. On trouve ainsi Oracle dans un rôle revu et corrigé par Morrison, une sorte de super-héroïne anti-virus qui se bat contre les cyber-pirates… qui se trouve peut-être être la dernière apparition d’Oracle (en tout cas de cette Oracle) pour un bon moment puisque la semaine prochaine le personnage repassera par la case Batgirl (ce qui fait que je me demande si on verra beaucoup « Internet 3.0 » après la semaine prochaine). Et surtout le scénariste remet cent balles dans la machine vers la fin, avec la « révélation » d’un(e) autre protagoniste sur l’échiquier. Dommage qu’en 2011 on n’ait pas trouvé une manière plus innovante de mettre tout ça en image !

[Xavier Fournier]