[FRENCH] Le « Black Glove » a tout fait pour briser la légende de Batman mais aussi la réputation de Bruce Wayne, avant de blesser mortellement Dick Grayson et de pouvoir envisager de corrompre Robin. Tout se passait selon le plan… Jusqu’à ce qu’une silhouette en forme de chauve-souris fasse son apparition. Ou sa réapparition. Grant Morrison tire sa révérence sur ce titre avec certaines choses qui fonctionnent plus que d’autres.

Batman And Robin #16 [DC Comics] Scénario de Grant Morrison
Dessins de Cameron Stewart, Frazer Irving
Sortie aux USA le mercredi 3 novembre 2010

Deux Batman sinon rien. Le vrai Bruce Wayne est donc officiellement de retour dans l’univers DC cette semaine, avec ce numéro qui est une véritable pierre de touche (tandis que les spéciaux « Road To Home » de ces derniers temps sont à éviter comme la peste tant, pour la plupart, ils sont inutiles). Ce qui est dommage dans ce dernier numéro dirigé par Grant Morrison, c’est que deux dessinateurs se partagent les pages. Dans l’absolu je n’ai rien contre le principe (c’était magistralement géré dans Batman #700) mais ici on sent bien que le deuxième dessinateur est appelé à la rescousse du premier. Et comme ils n’ont pas vraiment le même style, certaines sautes d’atmosphère peuvent compliquer un peu la lecture. Le « Bat-God » entrevu à la fin du dernier numéro redevient de fait un Batman très « normal » dans le storytelling et il me semble que cela handicape un peu le propos du scénariste.

Pour autant il y a une suite de bons moments ou de bonnes scènes dans ce numéro, comme l’origine du « Docteur Hurt » ou même sa destinée finale. Dans le genre « moment qui fonctionne moins », le virage menant à Batman Inc. (cette scène finale qui a beaucoup plus fait parler les sites américains qu’elle aurait du à mon avis) est pris de manière un peu violente. On se doute bien que Morrison reviendra par la suite, dans d’autres séries, sur les raisons du choix de Wayne, mais là c’est négocié de manière un peu soudaine sans qu’on sente vraiment le besoin s’instaurer, un peu comme si le scénario avait du s’accélérer sur la fin. Ce n’est pas que je n’ai pas aimé Batman And Robin #16 mais bien qu’il aurait sans doute pu être plus fidèle, plus porteur de la vision de Morrison (ah, si seulement Quitely avait pu dessiner cet ultime chapitre !). Disons qu’il est bien mais que ce n’est sans doute pas un des meilleurs épisodes de la série.

[Xavier Fournier]