Avant-Première VO: Review Batman #23[FRENCH] Totalement ravagé, dominé, pulvérisé par le gang du Red Hood, Bruce Wayne est à la dérive et cherche un signe, une inspiration, l’idée salvatrice qui pourra le faire passer à la vitesse supérieure. Un épisode une nouvelle fois très joli grâce à Capullo… Mais Snyder, lui, montre ses limites…

Batman #23Batman #23 [DC Comics] Scénario de Scott Snyder
Dessin de Greg Capullo
Parution aux USA le mercredi 14 août 2013

Quelques mois en arrière, à l’annonce de Batman Year Zero, Scott Snyder expliquait qu’il ne s’agissait pas d’effacer ce qu’avait fait Frank Miller sur Year One mais d’y rajouter des choses. A l’évidence cette déclaration d’intention tenait du même bullshit qu’un Dan Didio jurant ses grands dieux, en 2011, que la relance de DC ne serait pas un reboot. On a vu ce que ca a donné et ici aussi, c’est le cas, dans les faits il s’agit bien de refondre en profondeur les origines de Batman. Le pour ? Allez, soyons bons clients et disons que la dernière version majeure (dans la continuité) de la génèse de Bruce Wayne remontait à la fin des années 80, qu’il était temps d’une mise-à-jour et ainsi de suite… Le contre ? Ben ne nous mentons pas, les origines version Miller n’étaient pas démodées au point d’être illisibles et restaient tout à fait valable. Ici, il est clair que le récit est beau à regarder. Capullo est toujours aussi virtuose (la scène où les chauves souris entourent Bruce par exemple). Clairement, c’est lui qui fait le show ici…

Pourquoi une telle défiance envers Snyder ? Parce que dans les épisodes présents le scénariste me fait penser à quelqu’un d’autre. Non pas Frank Miller mais bien John Byrne à l’époque de Spider-Man Chapter One, quand il s’agissait de « mettre à jour » les origines de Peter Parker et que le dit Byrne s’escrimait à expliquer que, modernité oblige, l’Oncle Ben était mort lors du vol de l’ordinateur de Peter. C’est sur que ça changeait tout [sarcasm included]. Et là ? C’est pareil. Contrairement à ses dires ou à son ambition Snyder ne renforce pas, ne détaille pas : il complique, il alourdit. Un bon exemple dans ce numéro. Là où la scène classique veut que Bruce soit inspiré par une chauve-souris passant sa fenêtre, ce passage est changé autour d’un improbable projecteur holographique. Parce que, c’est bien connu, quand on on cherche une idée, on s’empare d’un projecteur holographique, on parle au buste de son père et… on joue les étonnés quand le projecteur de déclenche « par accident » (mais alors pourquoi l’avoir pris en main ?), montrant l’image de la caverne et des chauves-souris. C’est d’une lourdeur sans borne et Snyder a beaucoup de chance de pouvoir compter sur l’élégance de Capullo pour les dessins. L’annonce qu’à l’automne la plus grande partie des titres DC vont jouer les tie-in de Year Zero ne me dit rien qui vaille. Oui, commercialement ça se défend, mais créativement j’ai bien peur qu’on aille vers du lourd (et pas dans le bon sens). Décevant. Pas fondamentalement mauvais mais clairement pas à la hauteur des ambitions

[Xavier Fournier]